À l'occasion du lancement d'Octobre rose, mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein et des cancers féminins, deux Gardoises, Sabine et Anne-Marie, ont accepté de témoigner à l'antenne bagnolaise de la ligue contre le cancer. Leur objectif : inciter les femmes à se faire dépister. Sabine, 43 ans, est atteinte d'un cancer du sein métastasé dans les os ; Anne-Marie, 64 ans au moment de son diagnostic en 2018, est aujourd'hui en rémission.
Un diagnostic tardif pour Sabine
Sabine, mère de deux jeunes enfants, raconte avoir mis un an avant de consulter. « Je m'étais aperçu que le mamelon d'un de mes seins était rentré. Je me suis dit que c'était dû à un tendon… J'étais alors ouvrière agricole. Puis ça a commencé à me faire mal. J'ai mis un an pour aller voir une sage-femme », se souvient-elle. La mammographie, passée en février 2025, révèle « plein de ganglions ». S'ensuivent IRM, scanner et biopsies, dont la première fut particulièrement douloureuse : « l'anesthésie locale n'avait pas marché ». C'est une amie ayant eu un cancer qui a prononcé le mot.
Un cancer métastatique et des traitements lourds
Après un Tep scan à l'Institut de cancérologie du Gard à Nîmes, Sabine apprend que son cancer est métastasé dans les os. Elle ne subit ni opération du sein ni chimiothérapie dans un premier temps, mais suit une thérapie ciblée et une hormonothérapie, avec pour effet secondaire « une ménopause clinique ». Elle arrête de travailler et obtient l'AAH (allocation aux adultes handicapés). Face à l'apparition d'un nouveau ganglion, une biopsie révèle un cancer hormono-résistant. Après l'échec d'une place en essai clinique, elle suit une chimiothérapie par intraveineuse à l'hôpital de Bagnols-sur-Cèze pendant six mois, compliquée par un staphylocoque doré au Pac. Elle subit la perte de ses cheveux et de ses cils, « la peau qui vieillit » et une prise de poids. Elle est actuellement sous hormonothérapie en attendant de nouveaux examens en octobre.
Le soutien des proches et des associations
Grâce à une amie fondatrice de l'association gardoise Le Cœur des femmes, Sabine a bénéficié d'un séjour de répit pour les femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique. Elle participe aux ateliers de soins de support de la ligue contre le cancer à Uzès et à Bagnols-sur-Cèze, et sera présente ce dimanche 4 octobre à Uzès pour le départ de la course Les Duchesses d'Uzès, organisée dans le cadre d'Octobre rose. « Cette épreuve me donne une énergie folle. J'ai envie de vivre », confie-t-elle, soulignant que ce qui la fait tenir, ce sont « ses enfants, son compagnon, tout l'amour » autour d'elle.
Anne-Marie, une rémission grâce au dépistage
Anne-Marie Rouquairol, soutenue par « ses enfants, son mari, ses proches », a été diagnostiquée en 2018 à 64 ans d'un carcinome in situ, une petite tumeur localisée, après une mammographie régulière. Elle subit une tumorectomie puis des séances de radiothérapie à Nîmes, avec une réopération pour des traces résiduelles. Professionnelle de santé, elle n'a pris que « trois jours » d'arrêt sur toute la période de son cancer, affirmant : « Le travail m'a tenu, je me disais : je suis plus forte que le cancer ». Aujourd'hui « en super rémission, a priori », elle est bénévole à la ligue contre le cancer, regrettant que cette structure ne soit « pas assez mise en avant dans les hôpitaux ». Elle est l'une des « gentilles organisatrices » de la soirée annuelle Octobre rose à la Moba, la coopérative musicale de Bagnols.
L'importance du dépistage précoce
Anne-Marie, septuagénaire, insiste sur l'importance des mammographies régulières, qu'elle continue de faire. « La vie après un cancer ? Il faut la reprendre le plus vite possible, avec quelques aménagements. J'ai beaucoup de chance, mon cancer a été pris à temps grâce aux mammographies », explique-t-elle. Elle encourage les femmes à se faire dépister sans attendre, y compris avant 50 ans en cas d'antécédents familiaux, et après 74 ans, citant une amie diagnostiquée à 80 ans. « Trop peu de gens le font. Il faut en parler. Octobre rose permet de mettre le focus dessus », conclut-elle.