Le procès en appel de Pierre Quistrebert s'est achevé ce mercredi 17 juin devant la cour d'assises du Gard. Le sexagénaire, accusé d'avoir tué sa compagne de 32 coups de couteau à Cavaillon, avec préméditation, a été de nouveau condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Un drame horrible
« Je regrette profondément ce drame horrible », a déclaré Pierre Quistrebert devant la cour. Il a exprimé ses regrets pour le meurtre de Maggy, sa compagne de l'époque, survenu le 25 juillet 2022. Condamné en première instance à la réclusion à perpétuité pour assassinat, il avait fait appel en contestant la préméditation.
Réquisitoire de l'avocat général
L'avocat général Bertrand Baboulenne a livré un réquisitoire marquant, insistant sur la violence extrême du dossier. « La partie civile vous demande de retenir l'image souriante de Maggy, entourée de ses proches. Moi, je vous demande de retenir son visage marqué par les coups de couteau », a-t-il déclaré aux jurés. La veille, des photographies du corps avaient été projetées, suscitant une vive émotion parmi les proches.
Pour le ministère public, la préméditation ne fait aucun doute. L'avocat général a souligné la jalousie obsessionnelle et la paranoïa de l'accusé, qui consignait depuis des mois les faits et gestes de sa compagne. L'altercation survenue la veille du drame a constitué une « ligne rouge ». « Il n'arrivait plus à gérer ses doutes. Il voulait obtenir des réponses », a-t-il ajouté.
Les lettres laissées le matin des faits au domicile de la victime sont également un élément déterminant. « On me dit qu'elles étaient destinées à préparer son suicide. Mais j'y vois aussi la manifestation d'une volonté de s'en prendre à lui-même et à Maggy », a affirmé l'avocat général. Il a requis la confirmation de la peine de réclusion criminelle à perpétuité, sans peine de sûreté.
Plaidoyer de la défense
La défense a vivement contesté cette analyse. Me David Curiel, avocat de Pierre Quistrebert, s'est appuyé sur les conclusions de l'expert psychiatre pour soutenir que l'alcool avait provoqué une impulsivité et un état « incontrôlable », incompatibles avec la préméditation. « Pour préméditer un acte, il faut être réfléchi, organisé, calculateur », a plaidé l'avocat. Sans remettre en cause la culpabilité de son client, il a demandé une peine moins lourde, citant des affaires de féminicide ayant abouti à vingt ans de réclusion. « Il faut distinguer l'obsession de la préméditation de tuer », a-t-il insisté.
Dernière parole de l'accusé
Avant le délibéré, Pierre Quistrebert a pris la parole : « J'ai détruit une vie, une famille que j'aimais. J'aimerais être condamné pour mon acte, et non pour devenir un symbole. J'aimerais que la justice soit juste. »
Décision de la cour
Après trois heures de délibération, la cour a confirmé la peine de réclusion criminelle à perpétuité, retenant la préméditation. La condamnation est assortie d'une interdiction de port d'armes pendant quinze ans, d'une inscription au fichier national des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) pour dix ans, et d'une inéligibilité de cinq ans.



