Cédric Jubillar : avocat estime qu'il a planifié le meurtre de Delphine
Jubillar : avocat famille estime meurtre planifié

Le procès de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine en 2020, a été reporté au premier semestre 2027 par la cour d’appel de Toulouse le 21 juillet. Les avocats des parties civiles espèrent désormais une requalification en assassinat après l’apparition de nouveaux éléments.

Un avocat évoque une préméditation

Maître Philippe Pressecq, l’un des avocats de la famille de la victime, estime que le meurtre était planifié. "Il a joué la fable de l’innocence pendant cinq ans, et là il va nous jouer la fable du meurtre non prémédité, non voulu, non intentionnel", résume-t-il auprès de franceinfo. "Tout est incohérent" dans les propos de l’accusé, selon l’avocat, qui pointe "l’absence d’empathie" et la "froideur" de Cédric Jubillar.

Maître Pauline Rongier, avocate de l’une des meilleures amies de la défunte, souhaite également vérifier cette "hypothèse" lors du procès. "Il va y avoir des investigations, peut-être encore des fouilles qui vont se prolonger, peut-être une reconstitution des auditions", anticipe-t-elle, s’interrogeant sur une éventuelle "préméditation des faits" auprès du média public.

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Géolocalisation suspecte et incohérences

D’après des données transmises par Google aux autorités françaises, le téléphone portable du peintre plaquiste aurait été brièvement géolocalisé le 5 décembre 2020 – soit 10 jours avant la disparition de la victime – à quelques centaines de mètres du champ où des ossements identifiés comme appartenant à Delphine Aussaguel ont été retrouvés. Citant cette information, Maître Pauline Rongier dit espérer que "la justice" creuse cette piste afin de voir "s’il y a d’autres éléments" pour aller "vers une requalification en assassinat".

Si Cédric Jubillar a reconnu avoir déposé le corps de sa femme dans un monticule de compost et de fumier situé dans ce champ qu’il avait remarqué en allant au travail, il nie avoir pensé à ce lieu en amont ou avoir fait du repérage, a fait savoir Le Parisien. L’idée lui serait venue après avoir commis l’irréparable, au moment de prendre sa voiture. Une version toutefois fragilisée par les propos tenus par l’accusé au fil des années.

Aveux et déclarations contradictoires

L’an dernier, alors que son ancienne petite amie Jennifer lui rendait visite en prison, Cédric Jubillar lui aurait "avoué qu’il avait repéré cet endroit-là un mois avant, en passant devant pour aller sur un chantier. Il m’a dit l’avoir étranglée chez eux, sur le canapé". En 2021, la mère de Cédric Jubillar avait également indiqué que son fils lui avait confié : "Je vais la tuer, je vais l’enterrer, personne ne va la retrouver".

Mardi 21 juillet, Cédric Jubillar a avoué à la justice avoir étranglé sa femme lors d’une dispute survenue dans leur maison, la nuit du 15 au 16 décembre 2020. "Elle m’a dit quelque chose qui m’a fait péter les plombs, j’ai vrillé, je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou et j’ai serré […] Elle est tombée inerte […] Il m’a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants", a-t-il déclaré, selon le procès-verbal de ses déclarations révélé par RTL, Le Parisien ainsi que Le Monde, dont l’AFP a aussi eu connaissance.

Procès reporté et conséquences juridiques

Ce mardi 21 juillet, la cour d’appel de Toulouse a annoncé que le procès de Cédric Jubillar, qui devait avoir lieu en septembre prochain, n’aura lieu qu’au premier semestre 2027. "À l’issue des échanges, la présidente a décidé, compte tenu des délais nécessaires à la réalisation des actes restant à entreprendre, au déroulement serein de l’enquête et au respect du contradictoire, d’ordonner le renvoi de l’audience qui devait initialement se tenir à compter du 21 septembre 2026", écrit la cour d’appel de Toulouse dans un communiqué.

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Les autorités ont fait savoir que "la détention provisoire de M. Jubillar, qui arrive à échéance le 20 octobre 2026, pourra être prolongée de six mois, renouvelable une fois". Malgré les récents aveux de l’accusé, les parties civiles rejetaient l’idée d’un report du procès. Si la version d’une mort accidentelle est retenue, la peine maximale n’excédera pas 20 ans. En première instance, Cédric Jubillar avait été condamné à 30 ans de réclusion.