Incendie à Grasse : 2 ans de prison pour avoir brûlé un nid de guêpes
Incendie à Grasse : 2 ans de prison pour un nid de guêpes

Le tribunal correctionnel de Grasse a condamné ce lundi un homme de 56 ans à deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis, pour avoir provoqué un incendie le 13 juin 2026. L'incendie, qui a ravagé 10 000 m² de terrain, était parti de plusieurs foyers, selon l'expertise, qui a conclu à un acte malveillant. Le prévenu, qui se présentait sans avocat, a plaidé l'accident, affirmant avoir voulu se débarrasser d'un nid de guêpes.

Un feu parti de cinq endroits différents

Les faits se sont déroulés sur un terrain privé à Grasse, où F., 56 ans, vivait depuis dix ans dans des structures qu'il avait lui-même construites. Il occupait cette parcelle à titre gratuit, avec l'accord du propriétaire, qui résidait sur la parcelle voisine. Ce jour-là, F. a voulu éliminer un nid de guêpes qui infestait un sommier. Il a utilisé un briquet, mais le feu s'est rapidement propagé, devenant incontrôlable.

L'expertise, menée par un sapeur-pompier expert près la cour d'appel d'Aix-en-Provence, a identifié cinq départs de feu distincts. Selon ce rapport, la cause malveillante est la seule à retenir. À la barre, la présidente du tribunal, Mariel Dubreuil, a interrogé le prévenu sur ces points : « Comment expliquez-vous que le feu saute à un endroit et pas un autre ? » F. a répondu : « J'ai juste tenu deux secondes ce briquet », précisant qu'il était allé chercher de l'eau pour éteindre les flammes, en vain.

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Un contexte mystique et des structures illégales

Le tribunal a également évoqué le mode de vie de F., qui se décrit comme un original. Il avait construit une quinzaine de petites structures sur le terrain, destinées, selon lui, à loger « des personnes appelées à faire leur chemin intérieur ». Le propriétaire a témoigné que F. était pris dans un « délire mystique », mais qu'il ne se sentait pas en danger avec lui. Ces éléments ont été notés par la juge, mais n'ont pas modifié la qualification des faits.

La procureure Ludivine Counoy-Nicolle a requis une peine sévère, en s'appuyant sur les faits objectifs : 25 engins de secours ont été dépêchés sur place, et 25 personnes ont été confinées en raison de la propagation du feu. Elle a souligné que l'expert, qui travaille pour la cour d'appel, était formel sur l'origine malveillante. Le tribunal a suivi ces réquisitions, condamnant F. à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme, et a ordonné son incarcération immédiate pour éviter tout risque de réitération, dans un contexte de forte sensibilité aux incendies.

Une peine exemplaire pour prévenir les risques

Cette affaire illustre les conséquences graves que peuvent avoir des gestes irréfléchis, surtout en période de sécheresse et de risques d'incendie élevés. La décision du tribunal de Grasse envoie un signal fort : toute négligence ou acte volontaire pouvant provoquer un incendie sera puni sévèrement. L'incarcération immédiate vise à protéger la population et l'environnement, alors que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur est particulièrement exposée aux feux de forêt.

Pour F., cette condamnation marque la fin de dix ans d'une vie marginale sur ce terrain. Il devra purger sa peine, tout en ayant exprimé des regrets : « C'était une erreur stupide, je l'ai compris dans la seconde. » Mais ces remords n'ont pas suffi à convaincre le tribunal, qui a privilégié la protection collective et la prévention.

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