Un homme né en 2000, soupçonné d'avoir joué un rôle d'« organisateur-commanditaire » dans l'incendie criminel qui a fait sept morts en juillet 2024 dans le quartier des Moulins à Nice, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Le parquet de Nice l'a annoncé ce vendredi.
Un suspect présenté au juge d'instruction
L'homme a été présenté jeudi au juge d'instruction de Nice, puis placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention. Il est notamment mis en examen pour « complicité de destruction du bien d'autrui par moyen dangereux pour les personnes ayant entraîné la mort », « complicité de destruction en bande organisée » et participation à une association de malfaiteurs. L'état de récidive légale a été retenu.
Des messages exploités grâce à l'entraide judiciaire américaine
Né à Maisons-Laffitte (Yvelines), le suspect avait été placé en garde à vue le 11 août. Déjà détenu à la maison d'arrêt de Nancy dans le cadre de deux informations judiciaires ouvertes notamment pour meurtre en bande organisée, il a été extrait de sa cellule par les enquêteurs du SIPJ 06. L'exploitation de messages obtenus grâce à une demande d'entraide pénale adressée aux autorités judiciaires américaines a permis, selon le parquet, d'envisager qu'il ait pu jouer un rôle d'« organisateur-commanditaire » de l'incendie, en lien avec un autre individu visé par un mandat d'arrêt international. En garde à vue, il a reconnu avoir été en contact avec plusieurs personnes mises en cause, mais conteste toute participation à l'organisation des faits.
Sept morts dans l'incendie
Dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024, un incendie criminel a ravagé un appartement du quartier des Moulins, faisant sept morts, dont plusieurs enfants. Les investigations s'inscrivent dans le contexte d'un conflit autour du contrôle de réseaux de vente de stupéfiants. Six personnes étaient déjà mises en examen et placées en détention provisoire en France dans ce dossier. Deux autres suspects, initialement localisés en Algérie et en Guinée-Bissau, sont recherchés à l'étranger et visés par des mandats d'arrêt internationaux.
Philippe Soussi, avocat de la famille des victimes, a réagi jeudi à cette nouvelle interpellation. Il estime que cette nouvelle avancée constitue « un élément particulièrement important » pour des proches qui attendent que « toute la lumière soit faite » sur le drame et les responsabilités. La famille salue également le travail du parquet de Nice, des enquêteurs et du juge d'instruction, dont la mobilisation permet, selon elle, à l'enquête de « progresser de manière significative ».



