Incendie de L'Oustal Fonzes : un food-truck pour ne pas baisser les bras
Incendie de L'Oustal Fonzes : un food-truck pour survivre

Presque un an après l'incendie qui a détruit le restaurant centenaire L'Oustal Fonzes à Saint-Guilhem-le-Désert, la famille propriétaire a décidé de rebondir en ouvrant un food-truck baptisé "Loudaqui". Installé depuis le 1er juillet rue de la Font-du-Portal, face à la tour, ce véhicule propose sandwichs pitas, smashs burger, frites et desserts faits maison, du midi au soir, jusqu'au 31 août.

Une détermination sans faille

"J'ai décidé de ne pas baisser les bras et de créer mon propre food-truck", explique Martin de Lapoyade, fils de la propriétaire, qui gère le projet avec sa compagne Méline Renard. La mairie a autorisé à titre exceptionnel cet emplacement, compte tenu du contexte difficile que traverse l'établissement depuis onze mois. Céline Nurit, propriétaire de L'Oustal Fonzes, confie : "Je suis impressionnée par la détermination de mon fils qui a eu le courage d'ouvrir un food-truck avec Méline, pratiquement en face des ruines. Les clients nous suivent encore, même après un an, ça fait chaud au cœur."

Un site toujours en attente de sécurisation

Depuis l'incendie du 3 août 2025, le restaurant n'a pas été débarrassé de ses charpentes et débris rouillés. La mairie a engagé des travaux pour installer une palissade en bois. "Les propriétaires n'ont pas l'autorisation juridique de nettoyer les décombres, explique Jean-Philippe Moresmau, maire de Saint-Guilhem-le-Désert. Il faut sécuriser le site et éviter que des passants ne se blessent." Cependant, le 16 juillet, seuls les trous d'ancrage de la palissade avaient été réalisés, selon Guy de Lapoyade, associé et ex-mari de Céline Nurit. "C'est vrai que nous n'en voulions pas, de cette palissade, ajoute Céline Nurit. On ne voulait pas cacher le désastre. Mais la mairie nous soutient depuis le début, au même titre que nos clients et les habitants."

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Un traumatisme persistant

"On vit en dents de scie et au crochet de la Justice depuis un an", déplore Céline Nurit. Le drame a été un choc pour toute la famille. Dans la nuit du 2 au 3 août 2025, un passant a signalé un départ de feu à 1h33. Soixante pompiers et vingt engins ont lutté contre les flammes en pleine sécheresse estivale. Deux restaurants ont été ravagés, dont L'Oustal Fonzes, institution du village depuis 1914. Aucune victime n'est à déplorer, mais vingt personnes ont été mises au chômage technique et un relogement a été nécessaire.

Une procédure judiciaire interminable

L'origine précise du feu reste confidentielle en raison de la procédure pénale en cours au tribunal judiciaire de Montpellier. "On attend toujours les derniers rapports d'expertise, indique la propriétaire. Deux rapports ont été rendus, mais on en attend un troisième. A priori, il y en aurait pour huit mois de plus." Ces attentes ont des répercussions sur sa santé : "Depuis l'incendie, j'ai été contrainte de me soigner et de voir des médecins."

Un élan de solidarité

Dès le lendemain du sinistre, une cagnotte Leetchi a été lancée par Frédéric Ly, ami de la famille. À ce jour, 17 625 euros ont été récoltés. "Il y a eu tout un élan de solidarité, affirme Frédéric Ly. Certains habitants sont même venus demander un accompagnement pour contribuer, car ils ne savaient pas comment fonctionnait la cagnotte." La somme a permis de couvrir divers frais, mais reste bien inférieure aux dépenses engendrées par la procédure et les dégâts. "Les plus anciens sont nés avec Fonzes, ajoute-t-il. Pour nous, c'était comme le cataclysme de Notre-Dame-de-Paris."

Un avenir incertain

Martin de Lapoyade, qui a sauvé son père des flammes cette nuit-là, résume : "On s'est donné corps et âme pour ce restaurant. Vingt-cinq ans de notre vie ont été construits autour de l'Oustal." Guy de Lapoyade, qui vivait sous le restaurant, habite depuis dans une chambre de 11 m² à l'hôtel Guilhaume d'Orange, tenu par Aurore Raoul, qualifiée d'"ange gardien" par la famille. En attendant la reconstruction, le food-truck Loudaqui est un symbole de résilience face à l'adversité.

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