Cancer et squatteurs : la détresse de Martine, retraitée de Pessac
Cancer et squatteurs : la détresse de Martine

Martine, 68 ans, retraitée en Gironde, risque de se retrouver sans logement le 1er décembre, alors qu'elle doit être opérée d'un cancer du sein. Depuis plus d'un an, elle tente de récupérer son appartement de Pessac, occupé par une famille qui ne paie plus son loyer. Une audience est prévue le 6 octobre, mais la procédure pourrait s'étendre jusqu'en 2027.

Un bail de deux mois qui tourne au cauchemar

Tout commence en avril 2025. Martine loue son logement à une mère de famille et ses deux filles, avec un bail temporaire de deux mois. Dès juin, selon elle, les loyers ne sont plus payés. Le compagnon de la locataire et deux chiens rejoignent également l'appartement. La situation dégénère le 14 octobre 2025. La propriétaire explique s'être rendue sur place pour tenter de discuter. Elle affirme avoir été agressée par des adolescents et « jetée comme une poubelle » hors de son appartement. Elle dépose plainte le lendemain pour « violence commise en réunion », avec une incapacité supérieure à huit jours, précise France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Depuis, Martine dort chez des proches ou dans un mobile-home, au nord du bassin d'Arcachon. Une première audience sur sa demande d'expulsion devait avoir lieu le 23 juin dernier. « La locataire est arrivée avec deux heures de retard et j'ai fait un malaise », raconte la retraitée. L'audience a été reportée au 6 octobre.

Une course contre la montre

Le temps presse. Martine doit subir une nouvelle opération pour son cancer du sein. Son camping doit en plus fermer le 1er décembre. « Au 1er décembre, je vais donc me retrouver à la rue », explique-t-elle à France 3. « Où vais-je aller après cette intervention si je n'ai pas retrouvé mon appartement ? »

Même en cas de décision favorable le 6 octobre, la procédure pourrait encore durer plusieurs mois. Selon nos confrères, la retraitée ne pourrait récupérer son logement qu'au début de l'année 2027, dans le meilleur des cas.

Que dit la loi ?

La législation a évolué cet été. Depuis le 20 août 2026, la procédure accélérée d'évacuation peut aussi être utilisée lorsqu'une personne se maintient dans un meublé de tourisme après la fin de son contrat de location, une évolution déjà envisagée par le Sénat en janvier et dont Midi Libre s'était fait l'écho. Pas de raccourci pour autant dans le cas de Martine : les occupants de son appartement étaient entrés dans les lieux avec un bail temporaire classique. Son expulsion reste donc soumise à la procédure judiciaire en cours.