Le 5 août dernier, un incendie d'une ampleur inédite depuis près de soixante-quinze ans s'est déclaré dans les Corbières, sur la commune de Ribaute. Un mois après, le bilan et les questions persistent. Voici un point complet sur ce sinistre hors norme.
Un bilan humain et matériel lourd
L'incendie, officiellement éteint le 28 août selon la préfecture de l'Aude, a causé la mort d'une personne, brûlée dans sa maison, deux blessés graves et 40 blessés légers. Au total, 16 000 hectares ont été parcourus, dont 11 232 totalement détruits. Cinq massifs ont été impactés, touchant près de 7 300 habitants de 17 communes. Parmi les dégâts matériels, 63 maisons ont été détruites ou partiellement endommagées, et près de 100 voitures ont été carbonisées. Les pompiers, avec des renforts nationaux, ont mobilisé 2 200 soldats du feu, 600 engins au sol et jusqu'à 18 aéronefs.
L'enquête sur l'origine du feu piétine
Depuis mi-août, la section de recherches de Montpellier supervise l'enquête. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour "destruction involontaire ayant entraîné la mort". Une certitude : l'origine n'est pas naturelle. L'hypothèse d'un mégot est exclue, mais aucune trace d'hydrocarbure n'a été trouvée. Les enquêteurs exploitent témoignages et données téléphoniques, mais le maire de Ribaute, Alain Coste, estime que la population locale croit à un acte intentionnel. Le travail d'enquête s'annonce long, "cela va prendre des mois", confie un observateur.
Le décès de Stella, une sexagénaire, toujours mystérieux
Seule victime humaine, Stella a été retrouvée calcinée chez elle à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Sa fille affirme qu'elle n'a pas été prévenue de l'évacuation, contrairement à certaines rumeurs. La procureure de Carcassonne ne communique pas sur l'affaire pour l'instant.
Des risques persistants : inondations et nouveaux feux
Les communes sinistrées se reconstruisent, mais la crainte demeure. Les élus redoutent des inondations avec des coulées de boue et de cendres, ainsi que de nouveaux départs de feu mal maîtrisés lors du débroussaillage. Le maire de Ribaute s'interroge sur le financement de l'évacuation de 8 000 m³ de bois.



