Deux jeunes hommes, âgés de 20 ans, ont été condamnés ce mercredi par le tribunal de Grasse à des peines de 3 et 4 ans de prison avec mandat de dépôt. Ils étaient poursuivis pour avoir porté 37 coups de poings et de pieds à une victime, le 20 octobre dernier, aux abords du casino de Mandelieu. La majeure partie de ces coups a été administrée à la tête, une violence qualifiée d'« inouïe » par le tribunal.
Une violence décrite minute par minute
Lors de l'audience, la présidente Sabine Company a lentement énoncé les faits, donnant les minutes précises des coups portés : « Minuit 11 et 16 secondes, un coup dans la tête, minuit 11 et 17 secondes, un autre. Et ainsi de suite. » Cette énumération a mis en lumière la brutalité de l'agression, qui a laissé la victime avec une « immense plaie » sur la tête, selon les mots de son avocate, maître Rachel Lothe. Cette dernière s'est indignée face au tribunal, tandis que son client, H., s'est évanoui dans la nature avant de témoigner, invoquant un motif personnel urgent.
Le procureur Nicolas Mingant a souligné la gravité des faits : « C'est un miracle s'il n'y a eu que cinq jours d'ITT, on a vu certaines personnes décéder pour moins. » Cette déclaration a marqué les esprits, alors que la victime s'en est sortie avec une incapacité totale de travail de cinq jours seulement.
Les prévenus se défendent en invoquant la légitime défense
Dans le box vitré, les deux prévenus ont présenté leurs excuses et exprimé des regrets, mais ont également tenté de se dédouaner. Ils ont expliqué que la victime était accompagnée d'un ami qui aurait décoché le premier coup. Selon leur version, le déferlement de violence n'était qu'une riposte : « On a pris un coup, on en a donné un, a décrit l'un des prévenus. Ils sont partis dehors, on les a suivis en courant. »
L'enquête a toutefois révélé des liens entre l'ami de la victime et l'un des agresseurs, qui s'étaient déjà confrontés dans une affaire de racket en 2018. Ce contexte a été évoqué par la défense pour justifier les actes. Maître Catherine Dupain, avocate de la défense, a déclaré : « Ce soir-là, il y a un contexte particulier et dangereux. On a menacé mon client d'utiliser un couteau contre lui. » Son confrère, maître Pierre Dini, a ajouté : « Il faut regarder le tableau dans son entier. »
Des peines plus lourdes que les réquisitions
Le parquet avait requis des peines allant de 2 à 3 ans de prison avec mandat de dépôt. Le tribunal a finalement été plus sévère, condamnant les deux prévenus à des peines de 3 et 4 ans de prison, assorties d'un mandat de dépôt. Cette décision reflète la gravité des faits, reconnue par le tribunal comme une violence « inouïe ».
Cette affaire, jugée en comparution immédiate, illustre la détermination des juridictions à sanctionner sévèrement les actes de violence gratuite. Les deux hommes ont été incarcérés à l'issue de l'audience, conformément au mandat de dépôt délivré par le tribunal.