FLNC menace les étrangers qui s'installent en Corse
FLNC : menace contre les étrangers en Corse

Le Front de libération nationale corse (FLNC) a publié un communiqué dans lequel il menace directement les étrangers qui s'installent en Corse, les sommant de quitter l'île. Cette prise de position, révélée par Le Point, intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de l'immigration et de l'identité corse.

Un ultimatum sans équivoque

Dans son texte, le FLNC s'adresse aux "étrangers" et leur intime l'ordre de "rester chez eux" ou de quitter le territoire. Le communiqué, signé du sigle historique, précise que cette menace concerne aussi bien les résidents récemment installés que ceux qui projettent de s'installer. Les auteurs menacent de représailles si ces consignes ne sont pas respectées.

Cette déclaration intervient après une série d'actions revendiquées par le FLNC, notamment des attentats contre des résidences secondaires. Selon les spécialistes du nationalisme corse, le mouvement cherche à peser sur le débat sur l'autonomie et à réaffirmer son emprise sur l'île.

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Réactions des autorités et de la classe politique

Les autorités locales ont condamné fermement ces menaces. Le préfet de Corse a rappelé que de telles intimidations sont illégales et que la loi sera appliquée avec toute sa rigueur. Les élus insulaires, toutes tendances confondues, ont exprimé leur inquiétude, certains y voyant une tentative de déstabilisation du processus de dialogue engagé avec le gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur a réagi en dénonçant des "menaces inacceptables" et en assurant que les services de l'État sont mobilisés pour protéger les citoyens. Cette affaire pourrait relancer les débats sur la sécurité en Corse, où le taux de criminalité reste élevé.

Impact sur la société corse

Les associations de défense des droits de l'homme ont alerté sur les conséquences de telles menaces sur la cohésion sociale. "Cela crée un climat de peur et de division", a déclaré un porte-parole de la Ligue des droits de l'homme. Les communautés étrangères, notamment les Italiens, les Portugais et les Maghrébins, se disent inquiètes.

Selon les statistiques, la Corse compte environ 10% de population étrangère, soit près de 30 000 personnes. Beaucoup sont des travailleurs saisonniers ou des retraités attirés par le climat. Le FLNC, dans son communiqué, justifie sa menace par la nécessité de "préserver l'identité corse" face à une "colonisation" qu'il dénonce.

Contexte historique et politique

Le FLNC, créé en 1976, a longtemps mené une lutte armée pour l'indépendance de la Corse. S'il a officiellement déposé les armes en 2014, des factions continuent de revendiquer des actions. Cette nouvelle menace intervient alors que le gouvernement envisage une autonomie élargie pour l'île, un processus que le FLNC juge insuffisant.

Les observateurs notent que cette radicalisation pourrait être liée à des rivalités internes au mouvement indépendantiste. Certains y voient une tentative de reprendre la main face à des groupes plus modérés qui ont choisi la voie politique. Le dialogue entre l'État et les élus corses, entamé en 2022, pourrait être compromis.

En attendant, la population vit dans l'expectative. Les autorités ont renforcé les patrouilles et appelé à la vigilance. Les prochains jours diront si ces menaces seront suivies d'effets, mais l'émotion est vive sur l'île de Beauté.

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