Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a été exfiltré de son domicile dans la nuit du 19 au 20 juillet 2026, après que des narcotrafiquants ont proféré des menaces de mort à son encontre. Cette opération, menée par les forces de l'ordre, illustre un nouveau palier dans la confrontation entre le narcobanditisme et les pouvoirs publics, selon les autorités.
Menaces et protection rapprochée
Selon une source proche de l'enquête, les menaces ont été émises par un groupe criminel lié au trafic de stupéfiants, en représailles à la politique de fermeté menée par le maire contre les points de deal. Christophe Rivenq, qui avait déjà reçu des intimidations par le passé, a été placé sous protection rapprochée après l'évaluation du niveau de menace par la Direction nationale de la police judiciaire.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré : "Cette exfiltration est un signal fort, mais elle montre aussi que l'État ne reculera pas face à ces criminels. Nous mettons tout en œuvre pour protéger les élus qui luttent contre le narcobanditisme."
Escalade de la violence
Les faits surviennent dans un contexte de recrudescence des violences liées au trafic de drogue en France. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, les homicides liés au narcobanditisme ont augmenté de 15 % en 2025, atteignant 120 cas. Les menaces contre les élus locaux sont également en hausse, avec 450 signalements en 2025, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2024.
Pour le procureur de la République d'Alès, Jean-Michel Dubois, "cette affaire marque un tournant : les narcotrafiquants n'hésitent plus à s'attaquer directement aux représentants de l'État. Nous devons adapter notre réponse pénale en conséquence."
Réactions politiques
L'exfiltration a suscité une vague d'indignation parmi les élus locaux et nationaux. Le président de l'Association des maires de France, David Lisnard, a appelé à "une mobilisation générale de l'État pour protéger les maires en première ligne". De son côté, le député LFI de la région, François Ruffin, a dénoncé "un abandon des territoires par l'État" et réclamé plus de moyens pour les forces de l'ordre.
Le gouvernement a annoncé le déploiement de 200 policiers supplémentaires dans le Gard, ainsi que la création d'une cellule de crise dédiée à la protection des élus. Une enquête a été ouverte pour "menaces de mort en bande organisée" et "association de malfaiteurs".
Impact sur la lutte antidrogue
Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la stratégie nationale de lutte contre le narcobanditisme. Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a indiqué que des "mesures exceptionnelles" étaient à l'étude, notamment le recours à des procédures accélérées pour les affaires de menaces contre les élus. Des spécialistes de la criminalité organisée soulignent que cette escalade est le résultat d'une pression accrue sur les trafiquants, qui ripostent en ciblant les acteurs locaux.
L'opposition réclame une commission d'enquête parlementaire sur le narcobanditisme, tandis que des associations de maires appellent à une réunion d'urgence avec le Premier ministre. Christophe Rivenq, toujours sous protection, n'a pas pu être joint pour commenter.



