Pourquoi l'impression de chaos ? La chronique d'Élodie Rakotomizoa
Pourquoi l'impression de chaos ? La chronique de Rakotomizoa

Dans une chronique publiée par Midi Libre, Élodie Rakotomizoa, consultante en marketing d'influence basée à Montpellier, s'interroge sur notre perception du monde : y a-t-il réellement plus de violence et de drames qu'avant, ou sommes-nous simplement infiniment mieux informés ? Elle constate que son algorithme, censé refléter ses goûts, l'expose en boucle aux sujets les plus sombres, une situation qu'elle juge paradoxale pour une personne profondément optimiste.

La course aux vues privilégie le sensationnel

Pour Élodie Rakotomizoa, la course aux vues privilégie le sensationnel, plongeant les utilisateurs dans une surexposition permanente à la catastrophe. Les images de glissements de terrain au Népal, de tremblements de terre dévastateurs, de la fonte des glaces ou de la disparition de la faune et de la flore nourrissent un sentiment profond d'impuissance et de désespoir. Nos émotions se fracturent au rythme de ces catastrophes que l'on subit en direct sur nos écrans.

L'éco-anxiété, souligne-t-elle, n'est pas une fabulation de l'esprit mais une souffrance psychologique légitime face à l'état de notre planète. Les chiffres scientifiques confirment l'urgence : en France métropolitaine, le réchauffement climatique s'accélère avec une hausse moyenne d'environ +0,3 °C par décennie depuis les années 1960, atteignant un réchauffement global de plus de +2 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Les dix années les plus chaudes jamais enregistrées dans l'Hexagone sont toutes postérieures à 2010.

La recrudescence de la violence : réalité ou illusion médiatique ?

Regardant en arrière, Élodie Rakotomizoa rappelle que les quartiers, à Montpellier ou ailleurs, n'ont pas attendu les réseaux sociaux pour connaître des drames : fusillades, prédateurs sexuels, agressions ou violences urbaines. Elle l'a vécu personnellement adolescente en traversant des quartiers ou en flânant au Corum et à la gare avec des amies. Son intuition de petite fille, confrontée prématurément à cette violence brute, ne l'induit pas en erreur : le monde n'est pas soudainement devenu plus dangereux.

Les travaux de sociologues et d'historiens, comme Steven Pinker, démontrent au contraire que sur le long terme, les taux d'homicides mondiaux ont drastiquement chuté par rapport au Moyen Âge ou aux siècles précédents, où la justice privée et les guerres locales faisaient des ravages immenses. Cette perspective historique contraste avec l'impression de chaos que nous renvoie l'ultra-médiatisation.

Acteurs de nos fils d'actualité

Alors, pourquoi cette impression de chaos ? Parce que l'ultra-médiatisation braque tous nos projecteurs sur le pire, explique la consultante. Ce cercle vicieux est redoutable : en ne voyant que la violence, nous nous fermons aux autres, nous devenons craintifs, et la surexposition finit par banaliser ce que nous voyons sans cesse. Les belles actions existent par milliers, mais elles font moins d'audience.

L'accessibilité totale de l'information nous lie au monde entier, mais elle sature notre empathie. À quoi bon savoir en temps réel tout ce qui brise l'humanité aux quatre coins du globe si cela ne sert qu'à nous paralyser ? Pour Élodie Rakotomizoa, l'accessibilité de l'information nous dessert si nous la subissons, mais elle peut nous servir si nous décidons d'en reprendre le contrôle.

Nous sommes les acteurs de nos vies, de nos fils d'actualité et de notre univers intérieur. Elle appelle à agir à notre niveau pour la planète chaque jour, car chaque petit geste compte, et à choisir ce que nous nourrissons et propageons de belles choses, citant : « là où est ton trésor, là aussi est ton cœur ».