La suspension temporaire du permis de conduire pour usage du téléphone au volant est désormais généralisée à l'ensemble du territoire français. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, l'a annoncé dans un entretien publié vendredi par le journal Le Figaro. Cette mesure, jusqu'ici appliquée dans une vingtaine de départements, vise à renforcer la lutte contre une pratique particulièrement dangereuse.
Une mesure étendue à toute la France
« Nous voulons faire comprendre que le téléphone au volant est, à lui seul, un comportement suffisamment dangereux. La cible, c'est vraiment monsieur et madame Tout-le-Monde », a souligné la ministre dans cet entretien. Jusqu'à présent, environ vingt préfectures avaient déjà recours à cette mesure, notamment dans les Landes et le Pas-de-Calais.
« L'usage du téléphone n'est pas moins dangereux selon qu'on se trouve sur un territoire ou un autre. Pour qu'une règle soit acceptée, elle doit être claire, lisible et appliquée partout », a justifié Marie-Pierre Vedrenne. Cette décision intervient alors que 3.515 personnes ont perdu la vie sur les routes de France en 2025, un bilan qui souligne l'urgence d'agir.
Des sanctions maintenues et une durée variable
Pour usage du téléphone au volant, l'amende et le retrait de trois points du permis de conduire demeurent, a précisé la ministre. La suspension temporaire vient s'ajouter à ces sanctions existantes. « La durée de la suspension sera appréciée par les services préfectoraux selon les circonstances et le parcours du conducteur », a-t-elle expliqué.
« Dans les départements qui appliquent déjà cette mesure, la durée retenue est généralement de 15 jours. Elle peut aussi être d'un mois et aller, dans certains cas, jusqu'à six mois », a poursuivi la ministre. « Il faut une sanction réelle, mais proportionnée », a-t-elle indiqué, précisant que « la suspension sera décidée et notifiée par le préfet. Le conducteur pourra présenter ses observations dans le cadre de la procédure contradictoire. »
Un risque d'accident multiplié par trois
« L'usage du téléphone au volant multiplie par trois le risque d'accident. Plus grave, lire un message en conduisant multiplie le risque par 23 : il oblige le conducteur à détourner les yeux de la route pendant au moins cinq secondes », alerte le site de la Sécurité routière. Ces chiffres illustrent la dangerosité de ce comportement, souvent banalisé.
Les statistiques confirment l'ampleur du phénomène : « En 2025, 695.360 infractions ont été relevées pour usage du téléphone ou d'oreillettes au volant, soit une hausse de 6,7% par rapport à 2024 », indique l'Observatoire national interministériel de la Sécurité routière. Cette généralisation de la suspension temporaire du permis s'inscrit dans une volonté de faire baisser ces chiffres et d'améliorer la sécurité sur les routes françaises.