L'affaire du policier violemment frappé à Belfort prend une nouvelle tournure ce samedi. Alors que les images de son agression, survenues vendredi lors des manifestations lycéennes, ont suscité une vive émotion, une autre vidéo, tournée avant les faits, montre le même agent maîtrisant un jeune homme dans un ruisseau. Le procureur de la République de Belfort dément formellement toute tentative de noyade.
Une vidéo qui fait réagir
Vendredi, une première vidéo montrant un policier en civil, chef départemental du renseignement territorial de Belfort, se faire tabasser par plusieurs individus lors des manifestations lycéennes, a largement circulé sur les réseaux sociaux. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a réagi sur X (anciennement Twitter) : « Ces images d'une rare violence sont insoutenables. Le policier volontairement ciblé a été hospitalisé après avoir perdu connaissance. Son état n'inspire heureusement plus d'inquiétude majeure à cette heure. »
Une seconde vidéo, tournée également vendredi, avant le lynchage, a commencé à circuler vendredi soir et fait énormément réagir depuis samedi. On y voit le même policier, à genoux devant un ruisseau, en train de maîtriser un jeune homme qui se trouve dans l'eau. Des internautes accusent l'agent d'avoir maintenu la tête de cette personne sous l'eau pendant plusieurs secondes, évoquant une tentative de noyade.
Le parquet dément les accusations
Le procureur de la République de Belfort a formellement démenti ces informations. Selon lui, « c'est l'individu qui va délibérément dans l'eau » en tentant d'échapper à l'agent qui le poursuivait pour son implication dans des jets de projectiles et des départs de feu. Le magistrat précise : « Tous les deux tombent dans le ruisseau, c'est pour ça que vous avez, à un moment donné, une scène avec le commandant à genoux dans l'eau et l'individu affalé sur l'eau. »
Le procureur ajoute que le jeune « ne peut pas être immergé dans l'eau, il n'y a pas assez d'eau pour être immergé ». Ces explications visent à contredire les accusations de noyade qui circulent sur les réseaux sociaux.
L'enquête en cours
Une enquête pour tentative d'homicide volontaire contre le policier, né en 1967, a été ouverte. Plusieurs personnes soupçonnées d'avoir participé à son passage à tabac ont été identifiées. Le procureur a indiqué samedi en fin de matinée : « On a plusieurs personnes susceptibles d'être parmi les auteurs principaux » de l'agression, se disant « assez optimiste » sur la perspective de les arrêter dans les 24 heures.
Parmi les suspects identifiés figure le jeune homme que le commandant de police avait menotté sur les berges du ruisseau peu avant l'agression. Reconnaissable par sa « menotte au poignet », il est « identifié clairement comme venant porter deux violents coups de pied à la tête du policier », selon le magistrat.
Un jeune homme de 17 ans, arrêté la veille en lien avec l'agression, est sorti de garde à vue samedi midi sans charges retenues contre lui, aucun élément ne montrant qu'il aurait frappé le policier. « Il était néanmoins sur place et ses dépositions nous permettent de mieux comprendre le contexte » des faits, a précisé le procureur.