Le parquet de Dunkerque a ouvert une enquête judiciaire visant plusieurs agents de la Marine nationale participant aux opérations de sauvetage de migrants dans la Manche. Les faits, révélés par Le Monde et Lighthouse Reports, concernent des propos racistes et des comportements mettant en danger la vie des personnes secourues.
Des témoignages accablants
Un lanceur d'alerte, agent de la Marine nationale, a signalé les agissements de quatre de ses collègues lors de missions de sauvetage effectuées en 2025 à bord du Ridens, un navire de 40 mètres affrété par l'État. Les témoignages rapportés font état d'une violence verbale extrême. Un agent aurait qualifié les rescapés d'« animaux », allant jusqu'à déclarer qu'il « faudrait tous les brûler au lance-flammes ».
Privation d'eau en pleine chaleur
Au-delà des insultes, l'enquête porte sur des faits de privation pouvant mettre en péril la santé des migrants. Lors d'une journée de forte chaleur, les naufragés n'auraient reçu qu'une ration de 33 cl d'eau par personne sur six heures, alors que le navire disposait d'un stock de plus de 1 200 bouteilles d'eau.
Mesures conservatoires et enquête en cours
La Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar) a confirmé que des « mesures conservatoires » ont été prises à l'encontre des agents visés dès la réception du signalement le 13 avril. L'enquête a été confiée à la gendarmerie maritime. Si la qualité de militaires des mis en cause est confirmée, le dossier pourrait être transféré au parquet militaire. La société privée SeaOwl, propriétaire du navire, n'a pas souhaité réagir.



