Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant le réseau social libertin Wyylde, a-t-on appris vendredi 23 juillet 2026 de source judiciaire, confirmant une information du Parisien. Les faits présumés de proxénétisme et de traite des êtres humains sont au cœur des investigations.
Des signalements de plusieurs associations
L'enquête a été ouverte le 15 juillet 2026, après plusieurs signalements émanant d'associations de lutte contre les violences faites aux femmes et de protection de l'enfance. Selon une source proche du dossier, les associations dénoncent des pratiques de prostitution déguisée et la présence de mineurs sur la plateforme.
Wyylde, créé en 2017, revendique plus de 8 millions d'utilisateurs en France, selon son site internet. Le réseau social se présente comme un espace de rencontres libertines et échangistes, mais les enquêteurs soupçonnent qu'il serve de couverture à des activités illicites.
Des faits présumés de proxénétisme
Les investigations sont menées par la brigade de répression du proxénétisme (BRP) de la police judiciaire parisienne. Selon une source policière, les enquêteurs s'intéressent notamment aux comptes d'utilisateurs proposant des prestations sexuelles tarifées, ce qui pourrait relever du proxénétisme.
Le parquet de Paris a précisé que l'enquête porte également sur des faits de traite des êtres humains, en raison de possibles réseaux organisés de prostitution. Aucune interpellation n'a eu lieu à ce stade, mais les investigations se poursuivent.
Des mesures de protection insuffisantes
Les associations signalent également que les mesures de vérification d'âge sur Wyylde sont insuffisantes, permettant à des mineurs d'accéder à des contenus pornographiques et de créer des comptes. Selon une enquête de l'association e-Enfance, 15 % des utilisateurs de la plateforme auraient moins de 18 ans, un chiffre contesté par la société.
Contacté par l'AFP, le fondateur de Wyylde, Alexandre Lubot, a déclaré : « Nous prenons très au sérieux ces allégations et collaborons pleinement avec les autorités. Notre plateforme dispose de systèmes de modération et de signalement performants, et nous avons renforcé nos contrôles d'identité ces derniers mois. »
Un précédent juridique
Ce n'est pas la première fois que Wyylde se retrouve sous le feu des projecteurs judiciaires. En 2022, la plateforme avait été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 50 000 euros pour défaut de signalement de contenus illicites. La société avait depuis mis en place une équipe de modération dédiée.
L'enquête en cours pourrait avoir des conséquences importantes pour le réseau social, qui fait face à une possible fermeture administrative ou à des sanctions pénales. Les associations espèrent que cette procédure aboutira à une meilleure protection des mineurs et à une lutte plus efficace contre la prostitution en ligne.



