Trois personnes ont été interpellées samedi par les gendarmes dans les Alpes-Maritimes, soupçonnées de dérives sectaires et de trafic de plantes et de produits stupéfiants, selon un communiqué du procureur de Nice, Damien Martinelli, transmis à 20 Minutes.
Une communauté chamanique sous surveillance
Les suspects, une femme de 68 ans, un homme de 64 ans et une femme de 42 ans, sont présentés comme les dirigeants d'une communauté organisant régulièrement des cérémonies chamaniques payantes à Toudon. Les rituels se déroulaient dans la propriété du couple de sexagénaires, considérés comme les principaux instigateurs. Sur trois ans, les enquêteurs ont relevé des retraits en espèces totalisant plus de 120 000 euros.
Enquête ouverte en octobre 2025
L'affaire a débuté en octobre 2025, lorsque la gendarmerie a reçu des informations sur une possible dérive sectaire et la consommation de substances psychotropes interdites lors de cérémonies. La brigade de recherches de Puget-Théniers a alors ouvert une enquête. Grâce à des interceptions téléphoniques, elle a mis au jour « de possibles relations de sujétions psychologiques entre les personnes », les participants formant une communauté dirigée par la femme de 68 ans.
Intervention lors d'une cérémonie
Samedi, alors qu'une nouvelle cérémonie chamanique était prévue, les gendarmes sont intervenus avec le renfort de compagnies de Menton et de Nice, ainsi qu'un médecin et une infirmière. Au total, 50 personnes ont été mobilisées. Sur place, quatorze participants consommaient ou s'apprêtaient à consommer des champignons hallucinogènes et des plantes psychotropes. Ils ont été pris en charge médicalement.
Saisies et découvertes
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont découvert plusieurs plantes interdites, dont des champignons hallucinogènes, de la sauge divinatoire et des cactus Peyotl aux propriétés psychotropes. Ils ont également saisi 5 000 euros en liquide, 80 000 euros sur divers comptes bancaires, ainsi que des bijoux et des sacs de luxe.
Mise en examen et contrôle judiciaire
Les trois leaders ont été placés en garde à vue pour trafic de stupéfiants, blanchiment, exercice illégal de la médecine, « administration de substance nuisible à une personne vulnérable » et « abus frauduleux de l'état de sujétion psychologique ou physique d'une personne ». S'ils reconnaissent l'organisation des cérémonies et les paiements des participants, ils nient les infractions reprochées. Mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, ils étaient inconnus de la justice jusqu'alors.



