Des ossements, possiblement humains, ont été découverts jeudi 16 juillet dans le Tarn, sur le site indiqué par Cédric Jubillar comme étant l'endroit où il avait déposé le corps de son épouse Delphine. Le procureur général de la cour d'appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, a confirmé l'information à l'AFP, précisant que les fouilles avaient été lancées après les aveux de Jubillar, qui a reconnu être « à l'origine de la mort » de Delphine Aussaguel.
Fouilles en cours à Villeneuve-sur-Vère
Les recherches se déroulent à Villeneuve-sur-Vère, à environ 10 kilomètres de Cagnac-les-Mines, le village où résidait le couple. Un fourgon de gendarmerie barre l'accès à la zone, située au milieu de champs jaunis par la canicule, selon un journaliste de l'AFP. Les opérations sont menées par les gendarmes de la section de recherche de Toulouse et des techniciens en investigation criminelle, sous l'autorité d'un juge d'instruction.
Aveux après plus de cinq ans de silence
Cédric Jubillar, 38 ans, a été entendu mercredi 15 juillet à sa demande par la présidente de la cour d'assises de Haute-Garonne. Lors de cette audition, il a reconnu être « à l'origine de la mort » de son épouse et a indiqué pouvoir « orienter les enquêteurs pour localiser le corps », selon le procureur général. Ces aveux surviennent après plus de cinq ans de dénégations, y compris lors de son procès en première instance devant les assises du Tarn, où il avait été condamné à 30 ans de réclusion en octobre 2025.
Le peintre-plaquiste avait toujours clamé son innocence depuis la disparition de Delphine, infirmière de 33 ans, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Le couple était en instance de divorce, et Delphine s'apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme. L'affaire, sans corps ni preuve formelle, avait été résolue en première instance grâce à un faisceau d'indices : le témoignage de leur fils aîné Louis, qui a dit avoir vu ses parents se disputer le soir des faits, la géolocalisation du téléphone de Delphine, qui n'a jamais quitté la zone, et le déplacement du véhicule du couple pendant la nuit, alors que seul l'accusé en avait les clés.
Un besoin de parler selon ses avocats
Les avocats de Cédric Jubillar, Pierre et Guy Debuisson, qui ont remplacé ses précédents défenseurs, ont expliqué ce passage aux aveux par « un besoin de parler ». Selon Me Pierre Debuisson, Jubillar était « verrouillé par la pression médiatique » et « la pression très forte des enquêteurs », et fragilisé par la prise de médicaments et son régime carcéral à l'isolement. Me Guy Debuisson a assuré que Jubillar n'avait « jamais eu l'intention de tuer son épouse », laissant entendre que la défense pourrait contester la qualification d'homicide pour privilégier celle de coups mortels.
Dans un courrier transmis à ses avocats, Jubillar évoque une dispute sans en préciser les circonstances. Ses avocats ont jugé « impossible » que son procès en appel, prévu à partir du 21 septembre à Toulouse, puisse se tenir comme prévu. Incarcéré à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, Jubillar s'est également vu retirer en décembre 2025 l'autorité parentale sur ses deux enfants, Louis et Elyah, âgés de 11 et 6 ans, confiés à leur tante maternelle.



