Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a publié une tribune dans La Tribune dimanche ce dimanche 17 mai 2026, dans laquelle il appelle à rendre imprescriptibles « les crimes commis sur les mineurs ». Cette mesure vise à renforcer la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants.
Une révolution culturelle nécessaire
« Le temps est venu de consacrer une justice au service de la dignité de l’enfant », affirme Gérald Darmanin. Il rappelle qu’en France, « un enfant est victime de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes » et que dans la majorité des cas, « l’agresseur est un membre de sa famille ». Selon lui, « nous avons besoin d’une révolution culturelle : ce qui se passe dans une famille n’est pas qu’une affaire privée ». Il ajoute : « Un enfant violé dans sa chambre par son père est une victime qui doit être protégée par la République. »
Une priorité absolue
Le garde des Sceaux annonce faire de la protection de l’enfance sa « priorité absolue dans les prochains mois » et appelle la classe politique à « dépasser les clivages » pour agir rapidement. Il déclare : « J’entends ceux qui me disent que le calendrier parlementaire n’est pas le bon. Mais lorsqu’il s’agit de la vie des enfants, l’absence de courage politique est une faute morale. Le statu quo est lui-même une violence infligée à ces enfants qui sont notre avenir. »
Un projet de loi pour protéger les enfants
Pour inverser la logique où les institutions laissent trop souvent une victime entre les mains de son bourreau dans l’attente de preuves parfaites, Gérald Darmanin plaide pour l’instauration d’un « principe de précaution » immédiat. Cette volonté se concrétiserait par un projet de loi, porté avec Stéphanie Rist, ministre de la Santé, instituant une « ordonnance de sûreté de l’enfant permettant au juge de protéger un mineur en attendant le résultat de l’enquête ».
Des chiffres alarmants
Selon la Ciivise, près de 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles en France. En 2022, 60 mineurs ont été victimes de mort violente au sein de leur famille, selon l’Observatoire national de la protection de l’enfance, et 51 mineurs ont subi des actes de torture ou de barbarie en 2025, d’après le ministère de l’Intérieur.
Un rapport parlementaire favorable
Mi-avril, un rapport parlementaire recommandait déjà l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs. La députée MoDem Perrine Goulet, co-rapporteure avec le député écologiste Arnaud Bonnet et la députée Alexandra Martin (Droite républicaine), soulignait : « Il s’agit de rappeler qu’on ne touche pas aux enfants et que si on y touche, on peut, même 40 ou 50 ans après les faits, devoir en répondre devant la justice. »



