Selon les informations du Canard Enchaîné, des forces de l'ordre ont été « spécialement dépêchées » pour protéger des boutiques des frères de Brigitte Macron au Touquet et à Amiens lors de la mobilisation du 17 octobre. Cette révélation intervient alors que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a présenté sa démission lundi 19 octobre, refusée par Emmanuel Macron.
Un « fiasco policier » attribué au commandement des forces de l'ordre
Le Canard Enchaîné révèle ce mardi « le fiasco policier du 17 octobre », imputé au commandement des forces de l'ordre sous la tutelle du ministre de l'Intérieur. Selon le journal, Matignon et le Renseignement territorial avaient « cru dur comme fer qu'après quatre semaines d'agitation lycéenne, les gamins et leurs parents allaient remiser les pancartes dès le premier jour des vacances de la Toussaint », sous-estimant la virulence de la mobilisation.
D'après les chiffres de la police nationale obtenus par la source, le ministère de l'Intérieur « s'est contenté d'aligner 42 compagnies de CRS sur le terrain » et « n'a pas jugé utile d'activer les 14 autres compagnies alors en récup, pourtant prêtes à intervenir ». Pourtant, Laurent Nuñez déclarait lundi sur France Inter avoir « déployé l'ensemble des forces mobiles qui étaient disponibles sur l'ensemble des territoires ».
Des CRS réquisitionnés pour la famille de Brigitte Macron
La source révèle également que des compagnies de CRS ont été « spécialement dépêchées » au Touquet et à Amiens « pour monter la garde devant les boutiques de la famille de Brigitte Macron ». Il s'agit de boutiques de confiseries de la maison Trogneux, appartenant aux frères de la Première dame.
Un impact direct sur les effectifs à Paris et dans le Sud
Le manque d'effectifs de CRS évoqué par Le Canard Enchaîné a directement impacté les manifestations dans la capitale. Le préfet de police de Paris « n'a obtenu que la moitié des renforts de CRS et gendarmes mobiles qu'il espérait ». Dans le Sud de la France, seules trois unités de CRS ont été mobilisées sur dix possibles.
Pour l'heure, le gouvernement n'a pas réagi aux révélations de nos confrères. Ce mardi, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez ont démenti l'enquête de Mediapart stipulant qu'il a été demandé aux renseignements territoriaux d'écrire que « LFI est derrière le mouvement » du 17 octobre.