Les smartphones et tablettes dérobés lors des pillages du 17 octobre peuvent être rendus inutilisables grâce à des dispositifs de blocage mis en place par les opérateurs et les fabricants. Selon Numérama, les opérateurs disposent de plusieurs moyens pour empêcher l'utilisation de ces appareils, notamment via le numéro IMEI (International Mobile Equipment Identity), qui correspond au numéro de série unique de chaque appareil.
Un blocage progressif via l'IMEI et les fabricants
Les enseignes pillées, comme Darty, la Fnac ou les Apple Store, sont en train de réaliser leur inventaire pour estimer le coût des pertes. Une fois ce bilan établi, elles pourront déposer plainte et fournir la liste des appareils volés. Grâce aux numéros IMEI, les opérateurs pourront inscrire ces appareils sur une liste noire et les empêcher de se connecter au réseau mobile. Les fabricants, de leur côté, pourront bloquer les appareils lorsqu'ils se connecteront à internet.
Des exemples concrets commencent à apparaître sur les réseaux sociaux, comme une vidéo montrant un iPhone manifestement volé à Lille, sur lequel s'affiche le message : « Veuillez retourner l'appareil à l'Apple Lille ». Cette situation illustre le fonctionnement du blocage à distance par les fabricants.
Un délai de quatre jours ouvrés avant le blocage
Il est important de noter qu'un smartphone ou une tablette achetés sur un site de revente en ligne juste après le week-end du 17 octobre peut sembler fonctionner normalement au début. Le blocage n'intervient pas avant quatre jours ouvrés suivant la réception de la déclaration officielle de vol transmise par la police ou la gendarmerie à l'opérateur. Ainsi, un appareil peut fonctionner pendant les premiers jours suivant l'achat, puis devenir inutilisable.
Les acheteurs doivent être vigilants : un appareil conditionné dans un emballage neuf, sans facture, et à un prix bien en-dessous de celui du marché doit éveiller les soupçons. Ces signes peuvent indiquer qu'il s'agit d'un bien volé.
Des risques juridiques pour les acheteurs
Acheter un smartphone volé comporte un autre risque : être accusé de recel de vol, un délit passible de cinq ans de prison et jusqu'à 375 000 euros d'amende. Les autorités et les plateformes de revente en ligne, comme Vinted, Amazon, eBay ou Leboncoin, ont d'ailleurs pris des engagements pour collaborer avec les autorités afin de lutter contre la revente de produits pillés.
Ce blocage progressif vise à dissuader les acheteurs potentiels et à protéger les victimes des pillages. Les consommateurs sont invités à vérifier l'origine des appareils avant tout achat et à se méfier des offres trop alléchantes.