Une audience sous haute tension à Sion
Le couple Moretti, propriétaires français du bar Constellation incendié dans la station suisse de Crans-Montana, s'est rendu jeudi à une audience à Sion. Cette confrontation judiciaire a été marquée par la colère et la douleur des familles des victimes, qui les ont attendus devant le tribunal.
La douleur des familles éclate au grand jour
Tobyas, 14 ans, frère de Trystan décédé à 17 ans dans l'incendie, s'est adressé directement aux Moretti : « Vous avez tué mon grand frère... Regardez-moi dans les yeux, vous avez tué mon frère ». Christian Pidoux, père de Trystan, présent avec son ex-compagne et leurs trois enfants survivants, a déclaré devant les journalistes : « Ni pardon ni oubli, mon fils est mort, il a été brûlé ».
Gulcin Kaya, mère d'un jeune de 18 ans également décédé dans la tragédie, a crié aux propriétaires : « Il est où mon fils, il est où ? ». Allegra Petruzzi, organisatrice d'une marche blanche fin janvier après avoir perdu des amis dans l'incendie, était également présente parmi la petite dizaine de proches rassemblés tôt ce jeudi matin.
La réponse des propriétaires du bar incendié
Face à cette confrontation émotionnelle, Jacques Moretti a répondu aux familles : « On prendra nos responsabilités, on va assumer, on vous le promet, on est là pour la justice ». Son épouse Jessica, en larmes, s'est frayé un chemin vers le bâtiment où se tenaient les auditions, accompagnée de leurs avocats.
Les terribles conséquences de l'incendie du Nouvel An
L'incendie survenu dans la nuit du Nouvel An a causé 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes. Certains blessés gravement brûlés sont toujours dans le coma plusieurs semaines après la tragédie.
Une enquête judiciaire complexe
Le couple Moretti est visé par une enquête pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». L'enquête vise également l'actuel responsable du service de sécurité de Crans-Montana et son prédécesseur, qui a quitté son poste en 2024.
Jacques Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 janvier après le paiement d'une caution. Il est désormais placé, comme son épouse, sous mesures de contrainte dans l'attente de la suite de la procédure.
Les causes techniques de la catastrophe
Selon les premières conclusions de l'enquête, l'incendie aurait été provoqué par des étincelles de bougies « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l'établissement. L'enquête doit maintenant déterminer les circonstances exactes de la propagation du feu et le respect des normes de sécurité.
Les questions sur les responsabilités s'accumulent
Les avocats des victimes estiment que l'enquête progresse trop lentement et demandent que les autorités politiques soient également visées par la procédure. La commune de Crans-Montana a déjà reconnu l'absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019, alors que ces contrôles doivent être effectués annuellement.
Cette tragédie a mis en lumière les failles potentielles dans le système de sécurité des établissements de la station de ski, soulevant des questions plus larges sur la prévention des risques dans les lieux accueillant du public.
L'audience de jeudi marque une étape cruciale dans cette procédure judiciaire complexe, où la recherche de la vérité se heurte à la douleur immense des familles des victimes. Les prochaines semaines devraient apporter des éclaircissements sur les responsabilités de chacun dans cette catastrophe qui a profondément marqué la station de Crans-Montana et au-delà.



