Le concert de la DJ Barbara Butch, prévu dans le cadre du festival Cabaret Frappé à Grenoble, a été brutalement interrompu samedi 18 juillet 2026 après seulement vingt minutes. Environ 150 militants propalestiniens ont perturbé sa performance, brandissant des drapeaux palestiniens, des doigts d'honneur et utilisant des sifflets pour couvrir la musique. Selon un responsable de la programmation du festival cité par l'AFP, les manifestants avaient des banderoles et insultaient l'artiste.
Une agression intolérable selon la mairie
La mairie de Grenoble a réagi vivement, dénonçant des "jets de bouteilles en verre" et autres projectiles "visant délibérément la scène". Dans un communiqué, elle a indiqué avoir suspendu le concert pour garantir la sécurité du public, des équipes et de l'ensemble des personnes présentes. Barbara Butch a quitté la scène sur le morceau Imagine de John Lennon.
Un boycott organisé depuis mai
Ce spectacle faisait l'objet d'un appel au boycott depuis le mois de mai, notamment de la part de l'antenne grenobloise de La France insoumise (LFI). Les militants reprochaient à l'artiste juive d'avoir signé une tribune en soutien à la proposition de loi Yadan, visant à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme". Ce texte, retiré depuis, entendait élargir le délit d'apologie du terrorisme et avait été critiqué pour ses risques supposés pour la liberté d'expression et un amalgame entre les Français juifs et Israël.
Condamnation ferme du ministre de l'Intérieur
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a condamné ces violences "avec la plus grande fermeté" sur le réseau social X. Il a déclaré : "L'antisémitisme, les intimidations et les pressions n'ont pas leur place dans notre République. Empêcher une artiste de se produire est une atteinte inacceptable à la liberté d'expression."
Une figure des nuits parisiennes LGBTQ+
Barbara Butch, 45 ans, est une figure emblématique des nuits parisiennes LGBTQ+. Elle avait notamment participé à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Le festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville de Grenoble depuis 25 ans, était le cadre de ce concert avorté.



