Nicotrafic : les solutions de Pierre Romero pour les buralistes
Nicotrafic : les solutions de Pierre Romero

Le président de la fédération maralpine des buralistes, Pierre Romero, a présenté ses solutions pour endiguer la contrefaçon et la contrebande de tabac dans les Alpes-Maritimes, alors que le département connaît une baisse historique de ses ventes. Parmi ses propositions : la fermeture définitive des points de vente à la sauvette, une réduction des écarts de prix avec l'Italie et le retour du seuil d'importation à une cartouche.

Une baisse d'activité sans précédent dans les Alpes-Maritimes

Le département compte 317 buralistes, un chiffre qui reflète des difficultés chroniques. « On a des difficultés chroniques depuis des années. Mais en 2025, nous avons constaté un fort décrochage de l'activité », alerte Pierre Romero. Les ventes de tabac ont chuté d'environ 7 % en 2025, et de 17 % sur les deux premiers mois de 2026, faisant des Alpes-Maritimes le département qui perd le plus de volume de vente de tabac en France.

Cette baisse ne s'explique pas par une diminution du nombre de fumeurs, mais par une fuite vers d'autres réseaux. « Le paquet est à 13,50 € contre 6,50 € en Italie », précise Pierre Romero. Cette différence de prix pousse les fumeurs à s'approvisionner chez les buralistes italiens, mais aussi, de manière plus inquiétante, auprès de trafics locaux : épiceries de nuit, barber shops et autres commerces qui vendent des produits de contrefaçon ou de contrebande.

La contrefaçon représente 20 % du marché parallèle

La contrefaçon, autrefois quasi inexistante, représente désormais 20 % du marché parallèle. « Cela commence donc à s'installer de façon très inquiétante », souligne Pierre Romero. Face à cette situation, il appelle à une « tolérance zéro » et à des sanctions systématiques et fortes.

Les fermetures administratives actuelles, de trois à six mois, ne suffisent pas selon lui. La loi Ripost, votée récemment, permet d'envisager un an de fermeture, mais Pierre Romero estime que cela reste insuffisant. « On ne punit pas des délinquants ou des criminels en les condamnant à quelques mois voire à un an de fermeture. Il faut pouvoir les fermer définitivement », insiste-t-il.

Des sanctions plus lourdes et une harmonisation européenne

Pierre Romero salue la proposition de loi du député niçois Bernard Chaix, qui vise à aggraver les sanctions. « Je sais qu'il est un des fervents défenseurs de la fermeture définitive », déclare-t-il. Il appelle à inverser la proportionnalité des peines, car « un paquet de cigarettes de contrefaçon vendu, c'est un paquet de trop ». Il dénonce également le « nicotrafic » qui s'installe, avec des usines clandestines, des trafiquants et de la violence.

Sur le plan européen, Pierre Romero juge l'harmonisation des prix « utopique », mais plaide pour une réduction des écarts entre les pays. « Si le paquet passait à 8 euros ou 8,50 euros en Italie, ça ne fera pas trembler les buralistes italiens. Mais ça permettra de réintégrer des fumeurs français dans un réseau totalement légal », explique-t-il. Il évoque aussi le retour du seuil d'importation à une cartouche, après son passage à quatre cartouches en avril 2024. Un accord avec les collègues italiens et espagnols a déjà été signé, et le dossier doit être porté à Bruxelles.

La diversification, un complément indispensable

Malgré la crise, Pierre Romero estime que le tabac reste « l'ADN historique » des buralistes et « une part indispensable et vitale » de leur activité. Il appelle toutefois à une diversification, avec un accompagnement de l'État pour proposer des alternatives au tabac. « Nous estimons que les buralistes ont un rôle central à jouer sur ce sujet de la lutte contre la prévalence tabagique », conclut-il, en demandant que les produits nicotinés soient prioritairement confiés aux buralistes.