Le château Diter, vaste demeure de 3 000 m² à Grasse, devait être en grande partie détruit suite à une condamnation judiciaire. Pourtant, des fêtes fastueuses continuent de s'y dérouler, provoquant l'indignation des voisins et de l'opposition municipale. Lors du dernier conseil municipal, l'élu d'opposition Paul Euzière a interpellé le maire, Jérôme Viaud, dénonçant l'inaction des pouvoirs publics face à ce qu'il qualifie de « scandale ».
Des fêtes aux feux d'artifice en période de sécheresse
Paul Euzière a notamment relevé la tenue, mi-juin 2026, d'une fête au château Diter. Selon lui, des feux d'artifice ont été tirés en pleine canicule, alors qu'un arrêté sécheresse est en vigueur. Il a également mentionné des arrivées par hélicoptère, des lasers illuminant le ciel, et des festivités bruyantes s'étendant sur une après-midi et une grande partie de la nuit. Ces agissements se produisent sur des terrains classés en zone boisée au PLU et inscrits au Plan de prévention des risques incendie depuis le terrible incendie de 1986.
L'astreinte impayée et la colère des riverains
Le château Diter a été condamné à la destruction par la justice, décision confirmée par le Conseil d'État le 15 octobre 2025, qui a jugé « frauduleuses » les manœuvres ayant permis l'obtention du permis de construire. Les propriétaires avaient également été condamnés en 2019 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à une astreinte de 500 euros par jour tant que les décisions ne seraient pas exécutées. Selon le maire, cette astreinte atteindrait désormais près d'un million d'euros, mais elle ne peut être inscrite dans la décision budgétaire modificative de la Ville.
Paul Euzière a dénoncé l'impuissance des autorités : « Quand les voisins, ulcérés par ce mépris des décisions de justice et inquiets pour leur sécurité, s'adressent à la police nationale ou à la police municipale, la réponse est la même : ils ne peuvent rien faire. » Il a ajouté : « Dans cette affaire scandaleuse, on a affaire qu'à des impuissants. Tellement impuissants que rien ne peut être fait, ni par l'État, ni par la Ville. »
Le maire défend son action mais partage l'indignation
Jérôme Viaud, le maire de Grasse, a répondu en affirmant partager la révolte des riverains : « Votre révolte, j'ai la même. Je partage beaucoup de votre point de vue, sauf sur le fait qu'il y a une impuissance de la municipalité. » Il a indiqué avoir adressé un courrier à l'avocat de M. Diter pour dénoncer une situation « inacceptable ». Il a également assuré avoir donné des consignes de fermeté à la police municipale. « Après, quand M. Diter n'ouvre pas le portail, nos policiers ne peuvent pas donner un bon coup d'accélérateur et rentrer avec la voiture. Mais il y a quelque chose qui est anormal. »
Concernant l'astreinte, le maire a expliqué : « Je n'ai pas le droit de le faire. Même si je le faisais pour vous faire plaisir, l'État dirait que je n'ai pas le droit de constater une créance qui n'a pas été éditée par l'État. » Il a annoncé que la municipalité publierait prochainement un document récapitulant l'ensemble des démarches entreprises contre M. Diter, « pour montrer que, de notre côté, nous faisons notre maximum avec les moyens dont nous disposons. »
Un feuilleton judiciaire qui n'en finit pas
L'affaire du château Diter, condamné à la destruction pour constructions illégales, dure depuis plusieurs années. Malgré les décisions de justice, les propriétaires continuent d'organiser des événements, défiant les autorités. Les riverains, exaspérés, réclament une action plus ferme. L'opposition municipale, par la voix de Paul Euzière, accuse la mairie de passivité. Le maire, lui, assure faire tout son possible dans le cadre légal. La situation reste bloquée, alimentant les débats politiques et la colère des habitants.



