Le vendredi 30 octobre, un policier municipal comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Béziers pour l'homicide involontaire de Mohamed Gabsi, 33 ans, décédé en avril 2020 après son interpellation en plein confinement. Ce procès s'ouvre plus de six ans après le drame, malgré les recours engagés par la famille de la victime.
Un contrôle qui tourne au drame
Le 8 avril 2020, aux alentours de 22 heures, en plein confinement, Mohamed Gabsi, 33 ans, se trouve avenue du 22-Août à Béziers. Il est sorti acheter des cigarettes quand il est contrôlé par trois policiers municipaux. Le contrôle se déroule mal et Mohamed Gabsi est emmené en voiture au commissariat de Béziers, situé tout près. Il décède vers 22 h 30, malgré un massage cardiaque.
La famille du défunt appelle à un rassemblement devant le palais de justice avant le début du procès. « Nous invitons tous les citoyens à venir dignement et tranquillement assister à cette audience », indique le comité justice pour Mohamed dans un communiqué.
Une affaire aux multiples rebondissements juridiques
L'affaire a rapidement été portée devant la justice. Des manifestations ont eu lieu à Béziers et la famille s'est battue pour défendre la victime. Dans un premier temps, le policier municipal qui se trouvait à l'arrière du véhicule et qui était assis sur la victime a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », un crime passible de la cour d'assises. Ses deux collègues ont été poursuivis pour « non-assistance à personne en danger ».
Au fil de l'enquête, et après une reconstitution des faits avec des témoins de la scène, le juge d'instruction a revu à la baisse les charges retenues. Il a annoncé un non-lieu pour les deux agents installés à l'avant du véhicule et a requalifié les faits en « homicide involontaire » pour le policier qui se trouvait à l'arrière. Ce dernier a été renvoyé devant un tribunal correctionnel.
La famille conteste la qualification des faits
Les proches de Mohamed Gabsi maintiennent que les violences étaient volontaires. « Il mérite à ce titre d'être jugé devant une cour d'assises », avait expliqué Me Jean-Marc Darrigade, qui défend les intérêts de la famille de la victime. Le policier mis en cause maintient depuis toujours qu'il était assis sur les fesses de la victime.
Le positionnement du juge d'instruction a été contesté et la partie civile a fait appel du renvoi devant le tribunal correctionnel en début d'année. Ce renvoi a été rejeté. Le dénouement de ce dossier est attendu vendredi 30 octobre.