Les autorités bordelaises ont lancé un appel aux témoins, dimanche, pour identifier les auteurs des violences urbaines survenues la veille. Lors d'un point presse à la résidence préfectorale, partiellement saccagée, la préfète de Gironde, Sophie Brocas, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, et le directeur interdépartemental de la police nationale, Emmanuel Morin, ont invité les particuliers témoins des incidents à transmettre leurs vidéos à la police afin d'aider « à retrouver leurs auteurs ».
Des dégradations ciblées contre les institutions
La préfète a fait état de dégradations à l'intérieur du bâtiment préfectoral, sans donner de détails. « Ils n'étaient pas très nombreux, c'est allé vite, ils savaient très bien où ils venaient, ça raconte que ces gens détestent les institutions et les symboles de la République », a-t-elle déclaré. Comme dans plusieurs grandes villes françaises, Bordeaux a été touchée par ces violences durant lesquelles 63 policiers ont été blessés, notamment par des jets de pavés.
Au total, 110 interpellations ont eu lieu, dont 40 % de mineurs. « J'appelle les parents, qui ont la responsabilité civile de leurs enfants, de veiller à ce qu'ils ne viennent pas piller les magasins pour s'offrir des chaussures et des téléphones », a ajouté la préfète.
Des commerces dévastés et des affrontements violents
L'Apple Store de Bordeaux a été dévalisé, de même que le Decathlon, dont l'intérieur a été incendié dans la soirée. Selon le maire, entre 50 et 100 commerces ont été vandalisés. Ce dimanche, la ville portait les stigmates des émeutes de la veille. Sur la place de la Victoire et ses abords, des vélos en libre-service incendiés, des poubelles brûlées et des restes de barricades étaient visibles. Toutes les vitres d'une station de tramway et de bus ont été brisées.
Plus au centre-ville, des affrontements entre individus radicaux et forces de l'ordre ont été violents autour de la mairie. « Il faut prendre l'hôtel de ville, Commune 2026 », pouvait-on lire sur une façade. La rue Sainte-Catherine, artère très commerçante, est particulièrement dévastée, avec de nombreuses devantures détruites et des boutiques mises à sac.
Des témoins entre incompréhension et colère
Employée d'une bijouterie qui a fermé tôt samedi, par crainte de dégradations, une jeune femme balayait la chaussée. « Je comprends le ras-le-bol, la manif officielle était cool, pacifique, j'ai vu des manifestants éteindre des poubelles qui brûlaient », a-t-elle raconté. « Mais ça, ça n'a rien à voir avec le ras-le-bol, ce sont des gens qui en profitent ».
Les autorités locales appellent donc à la vigilance et à la coopération des citoyens pour identifier les responsables de ces actes. Les vidéos transmises à la police devraient permettre de faire avancer l'enquête et de traduire les auteurs en justice.