Un homme de 43 ans a été jugé, mardi 5 mai, à Bergerac, pour avoir demandé des photos à caractère sexuel à une jeune fille de 13 ans. « C’est un mec normal, la dangerosité peut être partout », a déclaré le procureur Charles Charollois aux élèves de seconde présents dans la salle d’audience correctionnelle du tribunal de Bergerac.
Les faits remontent à l’été 2021
Ce père de famille, âgé de 43 ans, avait pris contact avec une enfant de 13 ans sur Instagram avant de lui demander des photos dénudées dans des positions sexuelles. Décrit comme un homme « doux », le quadragénaire, en pleurs à la barre, a expliqué qu’il voyait cela comme « un jeu mais pas du concret ». « Je ne me suis pas rendu compte », a-t-il avancé, reconnaissant moins facilement les faits que lors de sa garde à vue en 2024, où il avait avoué avoir « occulté son âge ».
Un prévenu qui minimise les faits
Le président Stéphane Génicon a interpellé le prévenu : « Vous êtes monsieur tout le monde avec deux enfants à peine plus jeunes que la victime. Que feriez-vous si cela leur arrivait ? »
Le calvaire de la victime
La mère de la victime a raconté le calvaire de sa fille, qui s’est infligé des scarifications et a fait de multiples tentatives de suicide. « Elle a suivi quatre ans de soins et gardera des stigmates toute sa vie », a-t-elle déclaré. Dans ce dossier, victime et prévenu semblent partager la honte et la culpabilité.
L’avocate des parties civiles, qui a demandé plus de 10 000 euros de dommages et intérêts, a estimé que le prévenu avait « conscience de ce qu'il faisait ». « Depuis cinq ans, il n’a pas fait de démarche pour se soigner », a-t-elle regretté.
Une forme de prédation
Le procureur reste persuadé que la jeune fille a été « ciblée » et que le prévenu, au casier vierge, a exercé une « forme de prédation » en faisant un détour dans son village.
La condamnation
Suivant les réquisitions, les juges ont condamné le quadragénaire à dix-huit mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Il devra s’astreindre à des obligations de soins et réparer les dommages à hauteur de 3 600 euros. Il lui est également interdit d’entrer en contact avec la victime et d’exercer une activité en contact avec des mineurs.



