Barbara Butch brise le silence après l'interruption de son concert à Grenoble
Barbara Butch brise le silence après son concert interrompu

Le parquet de Grenoble a ouvert mardi une enquête pour "délit d'entrave concertée aux libertés" après l'interruption, samedi 18 juillet 2026, du concert de la DJ Barbara Butch par des militants propalestiniens et de La France Insoumise (LFI). Ce délit est puni d'un an d'emprisonnement, a précisé le procureur dans un communiqué. L'enquête est confiée au service local de police judiciaire de Grenoble.

Un concert interrompu au bout de 20 minutes

Barbara Butch, 45 ans, figure des nuits parisiennes LGBTQ+ et participante à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, se produisait samedi soir vers 22h00 dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville de Grenoble depuis 25 ans. Sa performance a été interrompue au bout d'une vingtaine de minutes à cause d'une manifestation de militants pro-palestiniens et insoumis.

La mairie a fait état de "jets de bouteilles en verre" et autres projectiles "visant délibérément la scène" lors du passage de la DJ. La municipalité a pris la décision de suspendre le concert "afin de garantir la sécurité de l'ensemble des personnes présentes". Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des personnes agitant des drapeaux de la Palestine, brandissant des doigts d'honneur et faisant retentir des sifflets alors que l'artiste est sur scène.

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Réactions et accusations

"On est extrêmement fiers d'avoir participé à cette manifestation pacifique", a déclaré à l'AFP Allan Brunon, élu insoumis à la mairie de Grenoble, tout en niant qu'il y ait eu des projectiles lancés sur l'artiste. La municipalité a indiqué dans la foulée qu'elle allait porter plainte contre X. L'adjoint à la culture Alexis Monge a, de son côté, porté plainte pour intimidation et jets de projectile.

Les militants reprochaient à l'artiste, juive, la signature d'une tribune en soutien à la contestée proposition de loi Yadan visant à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme", retirée depuis. Ce texte entendait élargir le délit d'apologie du terrorisme. Très critiqué, ses opposants y voyaient un risque pour la liberté d'expression et un possible amalgame dangereux entre les Français juifs et Israël.

Barbara Butch sort du silence

"J'ai eu peur", a admis Barbara Butch sur son compte Instagram, ajoutant cependant : "Je remonterai sur scène". L'artiste avait déjà reçu le soutien des Insoumis après la cérémonie d'ouverture des JO-2024, quand elle avait été victime d'une vague de cyberharcèlement de la part de l'extrême droite.

"J'ai signé une tribune, je n'aurais pas dû le faire", avait dit Barbara Butch auprès de France 24 en mai, en rappelant être victime d'antisémitisme depuis l'enfance. "L'antisionisme invoqué (dans les critiques émises à l'encontre de la DJ, ndlr) n'a été, à Grenoble, que le vêtement de l'antisémitisme", ont estimé l'artiste et son avocate Audrey Msellati, dans une tribune au Monde, dans laquelle elles ajoutent que "la justice donnera à ces faits toutes leurs qualifications. Les plaintes sont prêtes".

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