La saxophoniste new-yorkaise Lakecia Benjamin se produira jeudi 8 octobre à l'espace culturel Bernard-Fabre de Rodilhan, dans le cadre du Nîmes métropole jazz festival. En première partie, le quartet du bassiste Léo Chazallet assurera la première partie de cette soirée. L'artiste, qui avait déjà joué dans un village près de Nîmes en 2022, évoque ses souvenirs, son album « We Dream » et l'influence de John Coltrane.
Un retour attendu dans le sud de la France
Lakecia Benjamin garde un souvenir marquant de son précédent concert près de Nîmes en 2022. « Je me souviens de la chaleur et de l'énergie des gens. Jouer dans le sud de la France, c'est une expérience unique : les gens sont vraiment à l'écoute, mais ils vous transmettent aussi leur énergie. J'ai hâte d'y retourner et de revivre ça », confie-t-elle.
Cette nouvelle prestation s'inscrit dans un contexte particulier : 2026 marque le centenaire de la naissance de John Coltrane. La saxophoniste a enregistré un album consacré à John et Alice Coltrane, dont l'influence a été déterminante dans son parcours. « Coltrane a exercé une influence immense sur moi, tant musicalement que spirituellement. Sa musique était toujours en quête de profondeur. Elle était empreinte de puissance, de liberté, d'amour et de sens. Cette idée d'utiliser la musique pour toucher les gens et, je l'espère, les élever, m'a accompagnée tout au long de ma carrière », explique-t-elle.
« We Dream » : un album porteur d'espoir
Le titre de son album, « We Dream », reflète une vision collective. « Mon rêve est de continuer à évoluer, à créer et à toucher les gens grâce à la musique. Mais We Dream dépasse mes rêves personnels. Il s'agit d'avoir tous le courage d'imaginer un avenir meilleur, pour nous-mêmes et pour les autres », précise l'artiste. Le dernier morceau de l'album, « New World », incarne cette aspiration. « Je crois qu'un monde nouveau est toujours possible, mais c'est à nous de le créer. Il faut être capable d'imaginer quelque chose de différent avant de pouvoir le construire. C'est vraiment de cela qu'il s'agit dans New World : l'espoir, les possibilités et la transformation », ajoute-t-elle.
Avec cet album, Lakecia Benjamin souhaitait apporter de la joie. « Il se passe tellement de choses dans le monde qui peuvent être pesantes. Je voulais que cette musique apporte un peu de lumière. Je veux que vous dansiez, souriiez, ressentiez quelque chose, peut-être même que cela vous apaise. Je veux que les gens repartent de cet événement musical en se sentant un peu mieux qu'à leur arrivée », confie-t-elle.
Une musique collective et métissée
Le collectif occupe une place centrale dans cet album. « Les musiciens sont essentiels. Je souhaite que chacun apporte sa personnalité et sa propre voix à la musique. Je leur fournis les bases, mais je leur laisse aussi une grande liberté. Sur scène, nous nous écoutons, communiquons et réagissons en temps réel. C'est là que la musique prend véritablement vie », explique la saxophoniste. Elle utilise également le « spoken word », une technique qu'elle décrit comme « un prolongement » de son instrument. « Parfois, je souhaite communiquer des choses qui dépassent le cadre du saxophone. Les mots contribuent à raconter l'histoire et la musique peut ensuite l'emmener ailleurs », dit-elle.
L'album mêle des sonorités variées : soul, hip-hop, musique cubaine, gospel. Cette diversité reflète son parcours. « Je suis naturellement comme ça. J'ai grandi avec le jazz, mais aussi le gospel, le funk, la soul et le hip-hop, et j'ai parcouru le monde, découvrant différentes cultures et musiques. Je ne veux pas brider ma musique. Je souhaite que toutes ces influences coexistent harmonieusement tout en conservant leur authenticité », souligne-t-elle.
Un hommage à Kenny Garrett
Le saxophoniste Kenny Garrett se produira également pendant le festival. Lakecia Benjamin lui adresse un message chaleureux : « Kenny est un musicien incroyable et quelqu'un que je respecte énormément. Il a un son si puissant et si reconnaissable au saxophone, et il a tellement apporté à cette musique. Je suis ravi que nous participions tous les deux au festival. Tout mon amour et mon respect à Kenny. »
Le concert aura lieu jeudi 8 octobre à 20 h 30 à l'espace culturel Bernard-Fabre, chemin des Canaux, à Rodilhan. Les tarifs sont de 22 € et 17 €, avec réservation sur le site nmjf.fr.