Imaginez ouvrir votre boîte aux lettres et découvrir une amende pour un excès de vitesse sur une route que vous n'avez jamais empruntée. C'est le principe de l'arnaque à la doublette, une escroquerie qui fait de nombreuses victimes. Comme le rapporte 20 Minutes, des fraudeurs copient une plaque d'immatriculation pour commettre des infractions à la place du véritable propriétaire. Voici comment fonctionne cette arnaque et comment s'en protéger.
Comment fonctionne l'arnaque à la doublette ?
L'arnaque à la doublette, aussi appelée clonage de plaque, consiste pour un escroc à reproduire à l'identique la plaque d'immatriculation d'un autre véhicule. Il peut le faire en prenant une photo de la plaque, en achetant une plaque factice ou en utilisant un logiciel de retouche. Une fois la doublette installée sur son propre véhicule – souvent de même modèle et de même couleur que l'original – le fraudeur peut circuler et commettre des infractions (excès de vitesse, stationnement gênant, péages impayés) sans craindre d'être identifié. Les contraventions sont alors adressées au propriétaire légitime de la plaque, qui doit prouver son innocence.
Comment savoir si l'on est victime ?
Le premier signe est la réception d'une amende pour une infraction que vous n'avez pas commise. Si vous recevez un avis de contravention pour un lieu ou une date où vous n'étiez pas, ou pour un véhicule qui ne correspond pas au vôtre (couleur, modèle), il y a de fortes chances que vous soyez victime d'une doublette. Vous pouvez également consulter votre historique d'infractions en ligne sur le site de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) pour vérifier qu'aucune amende suspecte n'est enregistrée à votre nom. En cas de doute, n'ignorez pas l'amende : une non-réponse peut entraîner des majorations et des poursuites.
Que faire en cas de doublette ?
Si vous pensez être victime d'une doublette, la première étape est de contester l'amende. Vous devez fournir une déclaration sur l'honneur expliquant que vous n'étiez pas au volant au moment de l'infraction, accompagnée de preuves (attestation de l'employeur, tickets de caisse, etc.). Il est également conseillé de déposer une plainte auprès de la gendarmerie ou de la police pour usurpation de plaque d'immatriculation. En parallèle, signalez l'incident à l'ANTAI et à votre assureur. Si la fraude est avérée, les autorités annuleront l'amende et vous pourrez demander le remplacement de votre plaque d'immatriculation (gratuit sur présentation du dépôt de plainte).
Comment se protéger ?
Pour éviter d'être victime, quelques gestes simples suffisent. Équipez votre véhicule d'une plaque d'immatriculation sécurisée (avec un rivet anti-arrachement) et vérifiez régulièrement que votre plaque est bien en place. Évitez de diffuser des photos de votre voiture avec la plaque visible sur les réseaux sociaux. Surveillez vos amendes en ligne régulièrement. Enfin, en cas d'achat d'un véhicule d'occasion, assurez-vous que la plaque n'a pas été dupliquée par l'ancien propriétaire. Selon les spécialistes, la vigilance est le meilleur rempart contre cette arnaque en pleine expansion.



