Après les scènes de chaos et de violences en marge de la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère, l'exécutif tente de reprendre la main. Emmanuel Macron a demandé aux préfets de prendre les mesures nécessaires pour protéger les villes, jusqu'à interdire certains rassemblements. Le Président a toutefois refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, critiqué pour sa gestion du maintien de l'ordre et qui a lui-même reconnu « une perte de contrôle » dans certaines villes. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a également admis une « faillite incontestable ».
Marseille bouclée et couvre-feux localisés
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annulé son déplacement prévu dans l'après-midi à Marseille, dont le maire Benoît Payan a vivement mis en cause les conditions du maintien de l'ordre, dénonçant un manque de forces de l'ordre mobilisées. La préfecture a interdit tout « rassemblement et manifestation » ce lundi de midi à 20 heures sur « l'ensemble de la commune ». Sébastien Lecornu a présidé dans la matinée une cellule interministérielle de crise consacrée aux volets « économie-commerce », « assurance » et « suivi judiciaire ». Prenant la parole peu après 12h30, il a annoncé avoir demandé aux préfets de mettre en place un certain nombre de couvre-feux localisés, ainsi que des mesures de chômage partiel pour les commerces touchés. S'exprimant aux côtés du Premier ministre, Laurent Nuñez a assuré que « les matchs ne sont pas remis en cause », notamment la rencontre entre le Paris Saint-Germain et le FC Barcelone prévue mardi.
Les « gilets jaunes » annoncent un « acte II »
La coordination de « gilets jaunes » à l'origine des manifestations de samedi dernier contre le coût de la vie, qui ont viré au chaos dans plusieurs villes, annonce lundi matin un « acte II » avec de nouvelles actions pour samedi ainsi que pour le 31 octobre. Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d'actions programmées. Dimanche soir, « ce qu'on disait c'est qu'on essayait de se donner le temps et de construire (la mobilisation pour) le 5 novembre », jour où une intersyndicale appelle secteur public et privé à manifester, « mais il y a clairement une énorme poussée pour qu'il y ait un Acte II », a expliqué à l'AFP Benjamin Ball, éditeur de ce site.
Le Louvre bloqué et couvre-feu à Denain
Le musée du Louvre situé dans le centre de Paris n'a pas pu ouvrir normalement à 9 heures. Des étudiants en ont bloqué l'accès en « soutien » au mouvement lycéen et pour dénoncer « la répression policière ». Selon la direction, une cinquantaine d'étudiants de l'Ecole du Louvre participent à cette action. La maire socialiste de Denain, Anne-Lise Dufour-Tonini, n'a pas attendu les demandes de Sébastien Lecornu et a instauré dès dimanche soir un couvre-feu de 21 heures à 6 heures, jusqu'au dimanche 25 octobre inclus. Il concerne les mineurs comme les adultes, avec des exceptions pour les déplacements professionnels et les urgences. L'élue fait état de dégradations et de policiers visés par des jets de pierres et des tirs de mortiers d'artifice samedi. En Guadeloupe, un couvre-feu visant les mineurs a également été instauré à Pointe-à-Pitre et aux Abymes. Dans la soirée de dimanche à lundi, d'autres commerces, à Paris par exemple, ont été visés par des pillages.