Alès : le maire exfiltré par le RAID après une menace de voiture piégée
Alès : le maire exfiltré par le RAID après une menace

Le maire d'Alès (Gard), Christophe Rivenq (LR), a été exfiltré de son domicile dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet par les hommes du RAID, après une suspicion de voiture piégée stationnée à proximité. Cette intervention fait suite à une série de menaces visant l'élu, engagé dans la lutte contre le narcotrafic.

Une menace prise au sérieux au plus haut niveau

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a confirmé mardi après-midi que l'alerte avait été donnée par les services de renseignement. « Hier soir, il a été porté à ma connaissance par les services de renseignement du ministère de l'Intérieur, qui travaillent sur les dossiers de narcotrafic, qu'un projet d'action violente pouvait être en préparation contre monsieur le maire d'Alès et que la réalisation de cette action était imminente », a-t-il déclaré en marge des questions au gouvernement. Il a précisé avoir ordonné l'exfiltration et la protection du maire par le RAID, et que le parquet national contre la criminalité organisée (PNACO) est désormais saisi.

Des menaces croissantes depuis plusieurs jours

Le 16 juillet, l'épouse du maire avait découvert deux balles de 9 mm dans leur boîte aux lettres, accompagnées de tags menaçants signés « DZ Mafia Nouvelle génération ». Le groupe DZ Mafia est considéré comme l'un des plus puissants réseaux de narcotrafiquants en France. Selon une source proche de l'affaire, la rumeur de voiture piégée s'est avérée infondée : « Cette voiture piégée, c'est une légende urbaine, on n'a rien du tout. Mais c'est une menace et la levée de doute était nécessaire. »

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Le maire déterminé malgré l'impact familial

Contacté par Midi Libre, Christophe Rivenq a déclaré : « Je suis au bureau, je suis à la tâche et j'espère que les choses avanceront vite. » Lundi soir, il avait confié : « L'impact familial est énorme. Ce n'est pas pour moi que c'est le plus dur. Je suis maire, je sais les risques que je peux encourir », évoquant les difficultés de son épouse et de ses enfants. Il assure ne rien vouloir céder aux intimidations.

Soutien politique et enquête en cours

Le maire reçoit de nombreux soutiens, toutes tendances politiques confondues, notamment de Jean-Luc Mélenchon et du maire de Montpellier Michaël Delafosse, lui-même menacé par des dealers il y a un an. Delafosse a écrit sur X : « Immense soutien au maire d'Alès face aux menaces scandaleuses de ceux qui cherchent à déstabiliser la République et ses serviteurs pour imposer une loi meurtrière. » L'enquête devra déterminer si les auteurs des balles et des SMS de menace sont les mêmes, et si la DZ Mafia est réellement impliquée. Bruno Bartoccetti, délégué zone Sud du syndicat UN1TE-police, nuance : « Cette méthode ne leur ressemble pas et elle n'est pas implantée directement dans le quartier des Cévennes. Cela peut être un groupe qui s'identifie à la DZNG, la signature est une carte de visite qui terrorise. »

Un contexte de lutte contre le narcotrafic

La ville d'Alès connaît des épisodes sanglants liés au trafic de stupéfiants. Selon nos informations, une partie de la fratrie à la tête du réseau principal est incarcérée, et ces trafiquants se seraient tournés vers la DZ Mafia pour de la protection ou des livraisons depuis Marseille. Le ministre Nunez a salué le travail de la police judiciaire du Gard et annoncé le maintien des renforts policiers sur place : « On ne se laissera pas intimider. »

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