Un incendie a ravagé un orphelinat dans la commune de Sidi Moussa, à une trentaine de kilomètres d'Alger, dans la nuit de vendredi à samedi, faisant 11 victimes parmi les enfants âgés de 2 à 10 ans. Le drame a provoqué une vive émotion et une colère grandissante au sein de la population, alors que les familles des victimes dénoncent un manque de sécurité dans l'établissement.
Un bilan humain lourd
Selon les premiers éléments de l'enquête, le feu aurait pris dans une salle de jeux située au rez-de-chaussée du bâtiment. Les enfants, qui dormaient dans des chambres à l'étage, n'ont pas pu être évacués à temps. Les secours, arrivés rapidement sur place, ont découvert les corps sans vie. Trois autres enfants et une éducatrice ont été blessés et transportés à l'hôpital, selon la Protection civile algérienne.
Le ministre de la Solidarité nationale, Kaïm Eddine, s'est rendu sur les lieux et a annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire. Il a également décrété un deuil national de trois jours.
La colère des parents et des habitants
Dès samedi matin, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant l'orphelinat, exprimant leur colère et leur indignation. "On nous a volé nos enfants. Il n'y avait aucune sécurité, aucune alarme incendie. C'est un massacre", a déclaré un parent en pleurs, cité par l'agence APS. Les manifestants ont exigé des comptes et demandé la démission du directeur de l'établissement.
"Nos enfants étaient confiés à l'État, et l'État les a tués", a scandé une mère, brandissant une photo de son fils. Les forces de l'ordre ont dispersé la foule dans le calme, mais la tension reste palpable.
Des questions sur la sécurité
Ce drame soulève de nombreuses interrogations sur les conditions de sécurité dans les orphelinats algériens. Selon des témoignages recueillis par la presse locale, l'établissement ne disposait pas de système d'alarme incendie ni d'extincteurs en nombre suffisant. Les issues de secours auraient été bloquées par des meubles.
"C'est un véritable scandale. Comment peut-on laisser des enfants sans protection ?" s'est insurgé un élu local, qui a appelé à une inspection générale de tous les établissements d'accueil du pays. Le président Abdelmadjid Tebboune a promis que les responsables seraient "punis sévèrement".
Un deuil national et des funérailles
Les funérailles des 11 enfants ont eu lieu samedi après-midi au cimetière d'El Harrach, en présence d'une foule nombreuse et de responsables politiques. Le président a décrété un deuil national de trois jours, les drapeaux seront mis en berne sur l'ensemble du territoire.
Ce drame rappelle celui de l'incendie d'un hôpital à Alger en 2020, qui avait fait 8 morts, dont 4 nouveau-nés. À l'époque, des mesures de sécurité avaient été promises, mais jamais pleinement appliquées, dénoncent les associations de défense des droits de l'enfant.



