Les ossements découverts le 12 juillet 2026 dans un champ de la commune de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, ont été formellement identifiés comme étant ceux de Delphine Jubillar, disparue depuis décembre 2020. L'annonce a été faite ce lundi 20 juillet par le parquet de Toulouse, confirmant les résultats des analyses ADN réalisées par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.
Une découverte qui relance l'enquête
Les restes ont été mis au jour par un agriculteur lors de travaux de labour, à environ 500 mètres du domicile du couple Jubillar. Selon les premiers éléments de l'autopsie pratiquée à l'Institut médico-légal de Toulouse, la mort serait due à un traumatisme crânien. « Les examens complémentaires sont en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès », a précisé le procureur de la République, Dominique Alzeari, lors d'une conférence de presse.
Cette découverte intervient alors que le procès en appel de Cédric Jubillar, le mari de la victime, devait s'ouvrir le 15 septembre 2026 devant la cour d'assises du Tarn. Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle pour meurtre sur conjoint, il a toujours nié les faits. Son avocat, Me Jean-Baptiste Alary, a immédiatement demandé le report du procès, estimant que « ces nouvelles données imposent un réexamen complet du dossier ».
Incertitudes sur le procès en appel
La découverte des ossements pourrait en effet bouleverser le calendrier judiciaire. La cour d'appel de Toulouse doit se prononcer sous huit jours sur une éventuelle demande de renvoi. « Il est possible que la défense sollicite des expertises complémentaires, ce qui retarderait l'audience de plusieurs mois », analyse Me Sophie Lutz, avocate générale près la cour d'appel. De son côté, la partie civile, représentée par la famille de Delphine Jubillar, a exprimé sa « satisfaction de voir enfin le corps retrouvé », mais s'est dite « préoccupée par les délais supplémentaires ».
L'enquête se poursuit pour déterminer si les ossements étaient déjà présents dans ce champ lors des premières recherches en 2020-2021. Les enquêteurs avaient alors ratissé la zone sans succès. « Des questions se posent sur l'efficacité des investigations initiales », a reconnu une source proche du dossier. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour « destruction de preuves » afin de faire la lumière sur les circonstances de cette découverte tardive.
Un dossier déjà complexe
L'affaire Jubillar, qui a défrayé la chronique, avait connu plusieurs rebondissements. La disparition de Delphine, infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, avait été signalée par son mari dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Après des mois d'enquête, Cédric Jubillar avait été mis en examen et placé en détention provisoire en juin 2021. Le procès en première instance, tenu en 2025, avait abouti à une condamnation lourde, mais les jurés avaient écarté la préméditation.
Pour la famille de Delphine, la découverte des ossements est une étape cruciale. « Nous pouvons enfin lui offrir une sépulture digne », a déclaré son frère, David Aussaguel. Mais il a ajouté : « La vérité judiciaire n'est pas encore complète. Nous attendons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort et sur l'éventuelle implication d'autres personnes. »
Prochaines étapes judiciaires
La cour d'appel devrait se prononcer sur la demande de renvoi d'ici la fin juillet. Si le report est accordé, le procès pourrait être repoussé à 2027. En attendant, l'enquête se concentre sur l'analyse des ossements et la recherche d'éventuels éléments supplémentaires. Les spécialistes en anthropologie médico-légale de l'IRCGN poursuivent leurs travaux pour affiner les causes de la mort et tenter de reconstituer les derniers instants de Delphine Jubillar.



