Ce mercredi 29 avril, les équipes françaises de Meta sont à Bordeaux pour des ateliers sur « la parentalité à l’ère du numérique ». L’objectif est de présenter aux parents, aux influenceurs et aux lecteurs de « Sud Ouest » leurs nouveaux outils de contrôle parental afin de mieux protéger les mineurs, explique Capucine Tuffier, responsable des affaires publiques en charge de la protection de l’enfance pour Meta.
Le périmètre de Meta
Meta gère quatre plateformes principales : Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp, ainsi que des activités liées à la réalité virtuelle et à l’intelligence artificielle. Présent en France depuis quinze ans, le groupe collabore avec le gouvernement, les régulateurs, les forces de l’ordre et les associations de protection de l’enfance, ainsi qu’avec les créateurs de contenu. La priorité absolue est d’offrir des outils de visibilité et de contrôle, car les parents se sentent souvent démunis face à l’évolution rapide des usages numériques.
Les comptes adolescents
Meta a lancé les « comptes adolescents », une expérience dédiée aux 13-17 ans avec des paramètres restrictifs automatiques. L’idée est que, même sans intervention des parents, l’adolescent soit protégé par défaut. Ce dispositif répond à trois préoccupations majeures :
- Gestion du temps passé : des rappels toutes les 60 minutes et un « mode veille » désactivant les notifications entre 22 heures et 7 heures du matin.
- Comptes privés par défaut : les inconnus ne peuvent pas contacter un mineur.
- Contrôle des contenus : masquage des contenus inappropriés pour les mineurs, comme les régimes drastiques ou certains challenges viraux risqués.
Contournement des protections
Les 13-15 ans ne peuvent rien modifier. Les 16-17 ans, plus matures, disposent d’une petite marge de manœuvre, mais uniquement avec l’accord des parents via la supervision parentale. Meta souhaite que les parents gardent la main sur l’expérience en ligne de leurs adolescents.
Supervision parentale
Cet outil offre de la visibilité sans être intrusif. Le parent peut voir le temps passé sur les applications, être notifié si l’enfant signale un contenu ou bloque quelqu’un, ce qui favorise le dialogue. Le point le plus innovant est la possibilité de bloquer l’accès à la plateforme sur des créneaux précis, comme pendant les heures de cours ou les repas. Si l’adolescent tente de se connecter, il voit un écran noir.
Vérification de l’âge
Meta demande l’âge à l’inscription et utilise l’IA pour détecter des signaux de contournement. Par exemple, si un message « Joyeux anniversaire pour tes 11 ans » apparaît sur le profil d’un utilisateur déclaré comme ayant 14 ans, le compte est suspendu jusqu’à ce que l’utilisateur prouve son âge avec une pièce d’identité ou un selfie vidéo.
Gestion des deepfakes et chatbots
Pour les deepfakes, s’ils enfreignent les règles, ils sont supprimés. Sinon, ils sont labellisés pour avertir l’utilisateur. Concernant les chatbots IA, Meta a entraîné ses modèles pour qu’ils ne répondent pas aux requêtes sensibles des mineurs (suicide, troubles alimentaires) et les redirigent vers des ressources d’aide. Le parent est informé de la thématique générale de la discussion entre son enfant et l’IA. De plus, chaque adolescent qui parle avec une IA en est explicitement informé, pour distinguer cette conversation du monde réel.
Modération humaine et IA
Meta emploie des dizaines de milliers de personnes dans le monde, mais la modération repose de plus en plus sur l’IA pour la détection proactive. L’entreprise a investi 30 milliards depuis 2016. En 2017, 24 % des discours de haine étaient détectés par l’IA ; aujourd’hui, ce chiffre atteint 98 %.
Condamnations aux États-Unis
Meta a été condamné aux États-Unis et au Nouveau-Mexique pour « design addictif » affectant la santé mentale des jeunes utilisateurs. Meta conteste certaines allégations portant sur des cas antérieurs à l’introduction des outils de protection. L’entreprise encourage un usage raisonné et estime que des outils comme le mode veille ou les rappels de temps prouvent sa volonté d’offrir une expérience qualitative et sécurisée.
Partenariat avec e-enfance
Meta collabore avec l’association e-enfance pour la sensibilisation. Un bouton « 3018 » a été intégré directement sur Facebook, Instagram et Messenger. En cas de signalement de harcèlement, le jeune peut être mis en relation immédiate avec un écoutant ou un psychologue de l’association sans quitter la plateforme.
Message pour l’événement bordelais
Meta souhaite faire du « pratico-pratique » : montrer concrètement aux parents où se trouvent les boutons et comment activer les protections. La protection de l’enfance est une responsabilité partagée entre la plateforme, les associations et le cadre familial. L’ancrage local est important pour aller à la rencontre des parents et des créateurs de contenu. En 2023, via des webinaires, Meta a « formé » 1 million de parents. L’atelier de Bordeaux s’inscrit dans la continuité de cet effort de sensibilisation.



