Fermeture d'une classe à Montpezat : une mobilisation pour défendre l'école publique
L'annonce de la fermeture d'une classe à la rentrée prochaine dans l'école de Montpezat, dans le Gard, a déclenché une vive mobilisation des parents d'élèves et des élus locaux. L'association des parents d'élèves "Les petits Montpezagaux" a organisé une manifestation devant la direction des services départementaux de l'Éducation nationale, accompagnée d'une pétition et de banderoles de protestation. Cette action symbolique vise à alerter sur les conséquences de cette décision pour l'avenir de l'éducation dans la commune.
Une décision aux conséquences lourdes pour l'enseignement
L'Association des Parents d'Élèves (APE) exprime une incompréhension et une inquiétude profonde face à cette fermeture. "Notre école accueille les enfants de la petite section de maternelle au CM2, soit huit niveaux pour six classes. Passer de six à cinq classes est une décision lourde de conséquences", explique-t-elle. Cette réduction entraînerait inévitablement la mise en place de classes à triple niveau, avec plus de vingt élèves par classe, une situation qui risque de dégrader les conditions d'enseignement et le bien-être des élèves.
L'APE souligne également l'incohérence de cette mesure face à la dynamique démographique du village. Si une légère baisse des effectifs est prévue pour 2026, les projections indiquent une hausse dès 2027, et les projets d'urbanisme en cours prévoient l'installation de trente à quarante nouvelles familles dans les deux prochaines années, ce qui augmentera le nombre d'enfants scolarisables. "Cette politique d'économie à court terme risque d'encourager les familles à se détourner de l'école publique au profit du privé", avertit l'association.
Inégalités entre communes et risques d'exode vers le privé
La municipalité de Montpezat rejoint l'APE dans son incompréhension, pointant du doigt une inégalité flagrante entre les communes. À Montpezat, les effectifs passeront de 19,3 à 23,3 enfants en moyenne par classe, tandis que dans une commune voisine, ils n'augmenteront que de 17 à 19. Cette disparité soulève des questions sur l'équité des décisions prises par les services de l'Éducation nationale.
De plus, la municipalité confirme que si une dizaine d'enfants est déjà scolarisée dans le privé, ce nombre pourrait doubler dès la rentrée prochaine, en raison de la dégradation anticipée des conditions d'enseignement. Cette tendance menace directement le modèle éducatif public, déjà fragilisé par des coupes budgétaires répétées.
Une mobilisation qui dépasse le cadre local
Au-delà de la situation spécifique de Montpezat, cette mobilisation met en lumière des enjeux plus larges pour l'éducation publique en France. Les parents et élus dénoncent une "dégradation progressive" du système, où les économies à court terme compromettent la qualité de l'enseignement et l'attractivité des écoles publiques. La fermeture de classes dans les petites communes rurales, comme Montpezat, est perçue comme un symptôme d'un désengagement de l'État envers l'éducation de proximité.
Les actions de protestation, incluant manifestations et pétitions, visent donc non seulement à inverser la décision locale, mais aussi à alerter l'opinion publique sur les risques encourus par l'école publique. Les acteurs locaux espèrent que leur mobilisation pourra inspirer d'autres communes confrontées à des situations similaires, dans un contexte national où les fermetures de classes en milieu rural se multiplient.



