L'incendie du Gros Bessillon, qui a ravagé plus de 110 hectares de forêt à cheval sur les communes de Correns et Montfort dans le Var, a porté un coup dur à l'activité de Mathilde Sisteron, jeune chevrière de 26 ans installée depuis tout juste un an. Ses pâturages, situés sur la colline Saint-François et les Hautes Canebières, ont été entièrement détruits par les flammes, mettant en péril son modèle économique basé à 60 % sur le pâturage et à 40 % sur le fourrage.
Un troupeau sauvé mais des ressources anéanties
Si ses chèvres ont pu être mises à l'abri, les bois où elles pâturaient ont été réduits en cendres. Mathilde Sisteron, qui vend des fromages et des yaourts au lait de chèvre, ne cache pas son inquiétude : « Je ne suis pas la seule dans cette situation. D'autres ont perdu beaucoup plus. Au moins, mes animaux ont pu être mis en sécurité. C'est l'essentiel », confie-t-elle. Ses sept hectares au lieu-dit Saint-François, où elle projette de construire sa bergerie, ont été globalement épargnés, ainsi que son forage qui lui permet d'arroser ses 250 pieds de pivoine. Seuls les tuyaux ont fondu, mais ils ont déjà été remplacés.
Une solidarité qui s'organise
En attendant que des solutions émergent, le troupeau de Mathilde a trouvé refuge sur la propriété familiale sur les hauteurs de Correns. Les chèvres sont nourries avec du foin provenant de Fox-Amphoux et des Alpes-de-Haute-Provence, où son père Laurent a mis sa centaine de brebis en estive. Une solidarité se dessine également avec les communes voisines : « On est en discussion avec la commune du Val, le Château Réal-Martin, voire Miraval », indique Laurent Sisteron, prudent.
Des rumeurs inquiétantes sur l'avenir des zones brûlées
Mais ce qui préoccupe le plus les deux éleveurs corrensois, ce sont les rumeurs qui circulent dans le village : « On entend dire que toute activité humaine sera interdite dans les zones brûlées pendant les cinq prochaines années ». Une telle mesure compromettrait définitivement l'avenir de l'exploitation de Mathilde, qui a signé une convention avec l'association syndicale libre de gestion forestière pour faire paître ses chèvres dans les forêts communales. Avec Philippe Cambon, Mathilde Sisteron est l'une des deux éleveuses de chèvres de Correns, et son activité est aujourd'hui suspendue à des décisions qui la dépassent.



