Au lendemain des violences survenues lors des manifestations du week-end, la réponse judiciaire se précise. Lundi soir, sur TF1, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé un renforcement des moyens d’enquête et demandé aux magistrats la plus grande fermeté contre les auteurs de dégradations. Plusieurs condamnations à des peines de prison ferme ont déjà été prononcées.
Un bilan judiciaire lourd : 2 513 gardes à vue et 67 incarcérations
Au total, 2 513 personnes ont été placées en garde à vue, dont une grande partie était encore en cours lundi, et 67 ont été incarcérées. Le garde des Sceaux a indiqué avoir transmis « une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée ». Cette mesure permettrait de prolonger les gardes à vue de 48 à 72 heures et de recourir à des techniques d’enquête comme la géolocalisation et les écoutes téléphoniques.
Reconnaissance faciale : un outil envisagé pour identifier les casseurs
Gérald Darmanin souhaite aussi utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les personnes impliquées dans les violences. Les enquêteurs pourraient comparer les images diffusées sur les réseaux sociaux avec celles du fichier de Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), qui contient les données de plusieurs millions de personnes.
L’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, survenu samedi, fait par ailleurs l’objet d’une attention particulière. Selon le ministre, le Parquet national antiterroriste examine la possibilité de se saisir du dossier. Une telle décision pourrait, d’après Gérald Darmanin, conduire à retenir la piste d’un acte terroriste impliquant notamment des militants d’ultragauche.
« Être impitoyables avec les casseurs » : la consigne aux procureurs
Sur le plan judiciaire, le ministre a demandé aux procureurs « d’être impitoyables avec les casseurs », estimant que « le peuple français veut de l’extrême fermeté ». Il a également appelé les procureurs généraux à faire systématiquement appel des condamnations jugées insuffisantes au regard de la gravité des faits.
Des comparutions immédiates se sont tenues dès lundi dans plusieurs tribunaux, notamment à Paris, Bobigny et Toulouse. Plusieurs prévenus ont été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme, parfois supérieures aux réquisitions du parquet. À Paris, un jeune homme interpellé samedi midi place de la République a toutefois été relaxé.