Toulon : Saint-Roch réclame plus de police pour apaiser le quartier
Saint-Roch à Toulon réclame plus de présence policière

Le Comité d'intérêt local (CIL) de Saint-Roch, à l'ouest de Toulon, a mis la sécurité au cœur de ses débats jeudi soir. Face aux riverains, l'adjoint au maire Thomas Pison a annoncé une « doctrine » visant à concentrer les forces de l'ordre sur les « situations les plus chaudes », avec un renforcement de la présence policière dans le quartier.

Des lieux identifiés comme points sensibles

Maria Perrin, présidente du CIL, a énuméré plusieurs sites problématiques : le « parking Berthon », le square Barthelemy et le carrefour Antonin-Chaude. « Il y a eu plusieurs incidents, malgré les caméras : des bagarres avec coups de couteau, des introductions dans des résidences privées, du bruit presque tous les week-ends », a-t-elle détaillé. « Depuis plusieurs années, nous demandons une surveillance particulière de ces sites par les services de police, jusqu'à apaisement de la situation. Les riverains appellent, mais lorsqu'ils sont occupés ailleurs, il n'y a pas d'intervention. »

Thomas Pison a reconnu les limites du dispositif actuel : « Il y a 400 caméras sur la commune de Toulon, et 152 policiers municipaux, qui ne sont forcément pas tous sur le terrain en même temps. Il y a donc une priorisation des actions et des interventions. » Il a toutefois assuré que « dès que c'est possible, et dès qu'on voit quelque chose à la vidéo-surveillance, une patrouille est dépêchée sur place. Mais ce n'est malheureusement pas toujours possible. » L'élu a ajouté : « L'idée reste bien sûr de renforcer la présence de la police municipale sur le terrain, notamment dans les endroits où la situation est la plus chaude. »

La place Sadi-Carnot, un problème récurrent

Autre point soulevé par Maria Perrin : la place Sadi-Carnot. « Ça fait 20 ans que je suis bénévole au CIL, et ça fait 20 ans qu'il y a des problèmes, a-t-elle témoigné. On a réussi à améliorer certaines choses, mais à partir d'une certaine heure, il y a des consommateurs d'alcool, voire de drogue, et toujours beaucoup de bruit. C'est infernal pour les riverains. Ne peut-on pas, déjà, faire respecter l'arrêté municipal d'interdiction de consommation d'alcool sur la voie publique ? »

Thomas Pison a répondu : « Les arrêtés sont faits pour être respectés. Mais on se heurte toujours à la réalité. Pour sanctionner, il faut qu'un équipage de la police puisse être là, et ils ne peuvent pas toujours. Mais on essaye de cibler au maximum les situations pour ne pas éparpiller les moyens, sur un territoire qui est immense. Votre quartier fait partie de ceux sur lequel on veut mettre un focus. La “doctrine” qui est en train de se mettre en place, c'est de déterminer des actions, et de venir au même endroit tous les jours pendant un certain temps. »

Le square Barthelemy fermé la nuit, une première victoire

« C'est exactement ce qu'on demande ! », a réagi Maria Perrin. Elle a évoqué le cas du square Barthelemy, qui fait le lien entre Saint-Roch et le Pont-du-Las. « Il y a des soucis de fréquentation, de la drogue, des fêtes l'été jusque tard dans la nuit, avec barres de son… Plusieurs copropriétés ont fait une pétition, afin qu'on ferme ce square. Et c'est aujourd'hui le cas. Ça ne plaît pas à tout le monde, mais on espère qu'on va retrouver un peu de tranquillité. »

Albert Tanguy, adjoint au maire notamment en charge de la propreté et des espaces verts, a précisé que le square, désormais entouré de grilles, a été « intégré à la tournée de fermeture des parcs de la ville ». Il ferme donc ses portes en soirée et jusqu'au matin, « avec un passage préservé pour rejoindre le Pont-du-Las ». « On l'a demandé pendant des années et enfin, c'est fait, s'est réjouie la présidente du CIL. Je pense qu'au départ, on aura droit à des dégradations, parce qu'il y avait des bandes bien installées, mais il ne faudra pas céder ! »