Pompiers en colère : campement devant la tour Eiffel pour obtenir des moyens
Pompiers : campement à Paris pour obtenir des moyens

Une vue inhabituelle pour les touristes. Au pied de la tour Eiffel, ce dimanche, des syndicats de pompiers professionnels ont installé un campement pour signifier leur « colère », dans le cadre d'une plus longue mobilisation pour obtenir des moyens supplémentaires. Depuis le 8 septembre, date du début du préavis de grève déposé par les neuf syndicats représentatifs des quelque 44.000 pompiers professionnels (hors militaires), ils ont multiplié banderoles, magnets et inscriptions sur les camions pour signifier leur « colère ».

Une « colonne de renfort de la colère » sur le Champ-de-Mars

Les huit syndicats de l'intersyndicale ont ainsi lancé ce dimanche sur le Champ-de-Mars, à Paris, leur « colonne de renfort de la colère », explique David Saquet, d'Unsa Sapeurs-Pompiers, pour rencontrer la population et les élus « et leur dire ce qu'on a sur le cœur, leur afficher notre colère pacifique » et « notre détermination à se faire entendre auprès du gouvernement ». Une déambulation dans la capitale est aussi prévue lundi avant une participation mardi à la manifestation de la fonction publique.

Des pompiers minés par un été hors normes

Les pompiers professionnels ont déposé un préavis de grève qui court jusqu'au 20 octobre. Mais « hors de question qu'on lève le préavis tant qu'on n'a pas obtenu satisfaction », assure Rémy Chabbouh, de SUD Sdis. Sur sa tenue de pompier, il a accroché un badge « En grève », comme d'autres de ses collègues présents à Paris. Les pompiers professionnels - des agents territoriaux –, comme les quelque 200.000 pompiers volontaires, réclament des embauches, une meilleure protection de leur santé et un recentrage de leurs missions.

Les pompiers se disent éreintés après une intense saison des feux, confrontés au premier pyrocumulonimbus - ou « orage de feu » - observé en France. Depuis janvier, quelque 98.000 hectares ont brûlé, un record depuis cinquante ans, et selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, toutes interventions confondues, huit pompiers sont morts.

Un peu moins de dix pourcents de pompiers en grève

Alors avant que le projecteur médiatique ne s'éteigne et avant surtout l'examen du projet de financement prévu le 20 octobre - date jusqu'à laquelle courent les préavis de grève –, les pompiers essaient de se faire entendre sur plusieurs dossiers. Le premier concerne le projet de loi dit de modernisation de la Sécurité civile, dont une première synthèse a été présentée le 8 septembre. Ce texte non seulement « ne satisfait personne » mais fait même « l'unanimité contre lui » et est « fait pour être autosabordé », assène Frédéric Monchy, du syndicat SNSPP-PATS, qui organise mardi une journée de solidarité avec les habitants du Porge en Gironde, où 183 maisons ont brûlé lors du mégafeu de juillet.

Un autre dossier, intriqué dans le premier, concerne les mesures financières, qui devraient figurer dans le projet de loi de finances. Mais pour l'instant, « on ne sait rien » des pistes nouvelles de financement pour les Sdis, commente Frédéric Monchy, si ce n'est l'effort budgétaire global de 54 milliards d'euros d'économies à faire en 2027. Sollicitée, la direction de la Sécurité civile dit que depuis le 8 septembre ont été comptabilisés « par jour, en moyenne » 2.682 pompiers professionnels en grève (soit 9,3 % des effectifs globaux).