Le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), parti de droite créé en 1949, a tenu sa rentrée politique ce samedi 19 septembre 2026 à Grasse. Bruno North, président du parti, y a défini la ligne politique du mouvement : soutenir un candidat libéral-conservateur à la prochaine élection présidentielle, sans apporter son appui à Marine Le Pen.
Une rentrée discrète dans la cité des parfums
Le choix de Grasse pour cette rentrée politique n'est pas anodin. Le secrétaire général du CNIP, James Rolland, est également président de la fédération des Alpes-Maritimes, qui compte 400 adhérents. Il est aussi conseiller municipal à Grasse, délégué au domaine public, à la sécurité routière et au stationnement. La réunion s'est tenue dans une petite salle du Palais des Congrès, avec à peine une quinzaine de personnes présentes.
Quelques personnalités locales ont fait le déplacement, notamment Jérôme Viaud, maire de Grasse, et David Lisnard, maire de Cannes, fondateur du parti Nouvelle Énergie et candidat déclaré à l'élection présidentielle. Bruno North, conseiller régional dans les Ardennes, est venu spécialement de Paris pour l'occasion.
« On n'est pas des extrémistes » : le CNIP trace sa route
Interrogé sur l'identité du CNIP, Bruno North a rappelé que le parti, créé en 1949, est le plus ancien de France. Il représente selon lui « l'indépendance, et une façon différente de faire de la politique : l'intérêt général, le bien commun, qui priment sur les intérêts personnels ».
Le président du CNIP a également clarifié la position du parti vis-à-vis des autres forces politiques. Après avoir soutenu Nicolas Sarkozy, François Fillon et Eric Zemmour lors des précédentes élections, le CNIP ne compte pas apporter son soutien à Marine Le Pen au premier tour de la prochaine présidentielle. « Ce n'est pas les valeurs du CNIP », a-t-il affirmé. Il a ajouté : « Au CNIP, on n'est pas des extrémistes. Pour autant, il faut que la France se réforme. On ne peut pas continuer avec 3 400 milliards de dettes. »
Un futur candidat libéral-conservateur et des convergences avec David Lisnard
Interrogé sur le profil du candidat que le CNIP pourrait soutenir, Bruno North a évoqué « un candidat libéral conservateur ». Il a également souligné une « proximité idéologique » avec David Lisnard, précisant que ce dernier « n'a pas été trop ou pas du tout touché par l'épidémie macroniste ». Des convergences existent aussi avec Bruno Retailleau, mais le président du CNIP a regretté qu'il soit « président d'un parti compromis avec la macronie ».
Sur la question agricole, Bruno North a insisté sur la nécessité de « pouvoir se réapproprier notre souveraineté alimentaire ». Selon lui, les agriculteurs attendent de « pouvoir vivre décemment de leur travail ». Il a également critiqué l'évolution de la Politique agricole commune, estimant que « cette espèce d'assistanat permanent, finalement, les tue ». Il a conclu : « Si on perd la paysannerie française, on perd nos racines. »



