Le directeur interdépartemental de la police nationale, Benoît Desmartin, a qualifié de "situation insurrectionnelle" les événements du 17 octobre à Montpellier, lors d'une conférence de presse tenue mardi 20 octobre à la préfecture. Il a précisé que 300 grenades ont été tirées autour de la préfecture, signe que des individus voulaient peut-être y pénétrer.
Un bilan sans précédent
Benoît Desmartin, accompagné de la préfète et du procureur de la République, a dressé un bilan sans précédent de la journée du 17 octobre. "L'événement que nous avons vécu à Montpellier, samedi, personne ne l'a jamais vécu avec autant de violences", a-t-il déclaré. Il a souligné la capacité des manifestants à tenir de 16 heures jusqu'à 1 heure du matin, ce qu'il a qualifié de "jamais vu".
Le patron de la police a décrit un climat d'hostilité important, avec 35 000 personnes dans les rues et une foule parfois hostile aux interpellations, notamment dans les magasins. "On a été pris à partie par des Montpelliérains qui ouvraient leurs fenêtres en disant 'mais laissez-les faire', 'vous n'avez pas honte bande de fachos'", a-t-il rapporté.
Des actions coordonnées et préparées
Benoît Desmartin a évoqué des individus qui voulaient "se faire du flic", avec des tags "Acab" et "Révolution permanente" présents partout. "Clairement, ils voulaient s'en prendre aux bâtiments publics, aux biens et aux policiers", a-t-il affirmé. Il a noté que des tirs tendus, de type bateaux de pêcheurs, ont transpercé les boucliers des forces de l'ordre.
Des individus sont parvenus à monter sur des immeubles, ont détuilé la moitié d'un toit et ont utilisé les tuiles comme projectiles. "Tout ça était préparé, coordonné", a-t-il insisté, précisant que des caméras de vidéosurveillance avaient été peintes tôt dans la journée. Vers 13 h 30, un tir de flash-ball aurait visé les forces de l'ordre, alors qu'elles n'étaient pas encore sur site. "L'un de nos objectifs phares était de sécuriser le Polygone", a-t-il ajouté.
Un bilan humain et des suites judiciaires
Benoît Desmartin a salué sa compagnie d'intervention, soulignant que sur trente policiers, dix-sept ont été blessés. "Je tiens à saluer ma compagnie d'intervention qui a fait preuve de bravoure", a-t-il déclaré. Il a conclu en affirmant que des éléments d'enquête étaient en cours d'exploitation : "On a des éléments d'enquête, on va travailler dessus, on ne va rien lâcher."