La préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, a annoncé mardi 20 octobre des mesures de sécurité renforcées pour la nouvelle manifestation prévue samedi 24 octobre à Montpellier, après les violences urbaines survenues en marge du rassemblement du 17 octobre. Un périmètre d'interdiction élargi incluant la place de la Comédie et la gare, ainsi que des renforts de forces de l'ordre, sont prévus. Ces annonces ont été faites lors d'une conférence de presse conjointe avec le procureur de la République et le directeur départemental de la police nationale.
Un bilan lourd et inédit selon la préfète
Chantal Mauchet a qualifié les événements du 17 octobre de « manifestation d'ampleur inédite, du jamais vu ces dernières années, avec beaucoup de groupes hostiles, dès 14 h 30-15 h ». Elle a signalé « plusieurs tentatives d'intrusion dans le Polygone, à la gare, à l'office de tourisme ». Les forces de l'ordre ont été « mobilisées 20 heures d'affilée, jusqu'à 1 heure du matin ».
Le bilan chiffré fait état de « 1 600 grenades tirées, 69 personnes interpellées, 30 gardes à vue, 15 commerces pillés, 50 dégradés ». Ces violences, qualifiées de « jamais vues » par la représentante de l'État, ont conduit à une réponse sécuritaire renforcée.
Un dispositif élargi pour samedi
Dès samedi prochain, la préfète prévoit d'interdire les regroupements sur un périmètre plus large que l'Écusson, « incluant la place de la Comédie et la gare ». Des effectifs supplémentaires sont envisagés par rapport aux 260 policiers et gendarmes mobilisés samedi dernier. « Une demande de renforts sera faite auprès de la zone de défense », a affirmé Chantal Mauchet.
Pour protéger les commerces du centre-ville, « un travail est en cours avec la sécurité privée », en accord avec la chambre de commerce. La police municipale sera également intégrée au dispositif. En outre, conformément aux directives du ministre de l'Intérieur, la préfète n'exclut pas d'interdire la manifestation de samedi « s'il y a un risque », après prise de contact avec les organisateurs. « Pour l'instant, nous n'avons pas reçu de déclaration de manifestation », a-t-elle précisé.
Profil des personnes en garde à vue
Le procureur de la République, Thierry Lescouarc'h, a détaillé le profil des 30 personnes placées en garde à vue. Il s'agit d'« une majorité d'hommes », âgés de 14 à 45 ans, avec une moyenne de 21 ans, et « les deux-tiers avec un casier judiciaire vierge ». Trois ont été remis en liberté sans charge retenue. 23 ont été déférés au parquet, dont certains seront jugés en comparution immédiate. Six font l'objet d'une procédure simplifiée de plaider-coupable, et quatre seront jugés début 2027 sous contrôle judiciaire. Enfin, quatre mis en cause, dont deux mineurs, se verront appliquer des mesures alternatives.
Le procureur a indiqué que dans 50 % des cas, les poursuites concernent des atteintes aux forces de l'ordre. Pour l'autre moitié, il s'agit de vol, de recel, de port d'objets interdits ou de dissimulation de visage.
Enquêtes et évaluation des dégâts
Les auteurs de pillages et de violences font l'objet d'investigations, notamment via les images de vidéo-protection. « Nous avons reçu des instructions pour effectuer des exploitations numériques afin de les identifier, les localiser et les entendre », a fait savoir le procureur. Selon les services de la Ville et de la Métropole, les dégradations du 17 octobre sont estimées à 500 tags, plus de 100 000 euros de dégâts pour les seules installations de TaM. Le montant global s'élève à 500 000 euros, incluant les dommages causés à la Ville, à la Métropole, à TaM et à Citiz Média (mobilier urbain).