Près de 70.000 policiers et gendarmes sont mobilisés ce samedi dans toute la France pour encadrer les manifestations contre la vie chère, après les violences et les pillages du 17 octobre. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé un dispositif de sécurité exceptionnel, avec l'engagement de CRS, de gendarmes mobiles et d'unités d'élite pour prévenir de nouvelles violences.
Le Conseil de l'Europe appelle à la désescalade
Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a appelé samedi les États secoués par des mouvements de protestation à respecter le droit de manifester et à privilégier la « désescalade » dans le maintien de l'ordre. « J'appelle les États membres à protéger le droit à la liberté de réunion pacifique et à veiller à ce que l'encadrement par les forces policières respecte les droits humains », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient alors que les interdictions de manifester ont provoqué une confrontation entre le gouvernement et les syndicats. Après la décision d'Emmanuel Macron de restreindre les rassemblements, plusieurs organisations ont dénoncé une atteinte à la liberté de manifester. À Marseille, la préfecture est revenue vendredi sur son interdiction générale en autorisant un cortège syndical à 14 heures. À Paris, une manifestation est autorisée entre Porte d'Italie et Porte de Vincennes, tandis que d'autres rassemblements restent interdits.
Lecornu met en garde contre l'ultragauche et la délinquance
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a mis en garde vendredi contre un risque persistant de violences, estimant que « le niveau de menace restait élevé ». En déplacement à Limoges, en Haute-Vienne, le chef du gouvernement a particulièrement pointé « l'ultragauche », mais aussi « la délinquance », qui pourrait profiter des rassemblements pour commettre de nouveaux pillages. « La vigilance aussi est de mise avec la délinquance parce qu'elle profite de ces troubles (...) pour recréer plus de confusion et en profiter pour voler », a-t-il déclaré.
Après les débordements du 17 octobre, le chef du gouvernement a toutefois assuré que les autorités avaient tiré les enseignements de cette précédente journée de tensions. Selon lui, ce « retour d'expérience » doit permettre d'ajuster le dispositif sécuritaire, notamment dans « la manière dont les forces vont être utilisées » samedi.
Parcoursup : Macron promet une refonte, les lycéens restent mobilisés
Après plus d'un mois de contestation lycéenne, Emmanuel Macron a tenté vendredi d'apaiser les tensions en recevant pour la première fois à l'Élysée une vingtaine de représentants des organisations lycéennes. Pendant deux heures et demie, les discussions ont notamment porté sur l'avenir de Parcoursup, les conditions d'apprentissage et la rénovation des établissements scolaires. Le chef de l'État a reconnu la nécessité d'une « refonte en profondeur de Parcoursup », tandis que son entourage a annoncé de premiers engagements du gouvernement dès lundi, après une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Mais cette ouverture ne suffit pas à convaincre les organisations lycéennes, qui réclament notamment la suppression de la plateforme d'orientation. Si certains représentants évoquent « une brèche » dans la position de l'exécutif, d'autres appellent à maintenir le « bras de fer » pour obtenir des mesures concrètes. La mobilisation doit donc se poursuivre.
À Orléans, une importante contre-manifestation est attendue en marge du congrès du Rassemblement national, avec 20.000 à 30.000 participants envisagés par la préfecture. Les commerces, musées et établissements culturels anticipent des fermetures, et les transports seront perturbés dans plusieurs villes, notamment à Paris. Le gouvernement déploie l'armée pour les manifestations du 24 octobre, selon une information à vérifier.