La principauté fictive d'Aigues-Mortes, dans le Gard, a choisi son nouveau prétendant au trône : Léo Pot, un jeune pâtissier de 25 ans originaire des Bouches-du-Rhône, qui a travaillé pour le Rassemblement National. Il fera sa première apparition publique mercredi 28 octobre à 11 h, place Anatole-France, lors d'une course de garçons de cafés déguisés en flamants roses, organisée au profit d'Octobre rose.
Un micro-État ancré dans la réalité
La principauté d'Aigues-Mortes existe depuis 15 ans. Fondée par Jean-Pierre Pichon et Olivier Martinez, elle se veut un État fictif mais « bien ancré dans la vie réelle », mêlant humour « un peu comme Groland » et actions solidaires pour mettre en valeur la cité médiévale. Parmi ses initiatives les plus connues figurent la monnaie locale du Flamant et le trophée du Godet d'or, qui récompense des bienfaiteurs de la ville.
Les adhérents, appelés « citoyens », suivent les aventures imaginaires du couple princier – le prince Jean-Pierre IV (Jean-Pierre Pichon) et la princesse Olivia-Eugénie (incarnée par Olivier Martinez) – via des pastiches et des images humoristiques, désormais boostés par l'intelligence artificielle. Depuis des mois, le couple cherche à préparer sa succession.
Un profil entre pâtisserie et politique
Sur les 12 candidatures reçues après un appel lancé en septembre, Léo Pot a été retenu. « Il est celui qui cochait toutes les cases », confie Jean-Pierre Pichon. « Il a conscience qu'il faut ici un engagement. Et je ressens chez Léo quelqu'un qui ne fait pas ça que pour son ego et un besoin, aussi, d'appartenir à une famille. »
Léo Pot, diplômé en pâtisserie, est également l'actuel Mister Universel Limousin. Côté politique, il a été attaché parlementaire de Romain Babry, député RN des Bouches-du-Rhône, jusqu'à la dissolution en 2024. En mars 2026, il figurait à la 11e place de la liste RN aux municipales de Rognes, son village natal. Il affirme : « Je n'ai pas d'attache particulière avec le Rassemblement National », évoquant une volonté d'acquérir de l'expérience. Pour la liste municipale, il explique : « Je fais partie d'une vieille famille du village, c'était pour aider un ami de la famille, je ne savais même pas à quelle place j'étais. »
Une période d'essai d'un an
Léo Pot assure que cet épisode politique est derrière lui, mais reste vague sur ses convictions. « Quoi qu'il en soit, dans la principauté d'Aigues-Mortes, il est hors de question de mettre en avant ses convictions personnelles », souligne-t-il. Le prince Jean-Pierre IV, qui se déclare de gauche, confirme : « Parfois, nos costumes nous dépassent. Mais cette principauté, même fictive, est d'abord là pour les Aigues-Mortais et pas pour servir un idéal, personnel, royaliste ou politique. »
Olivier Martinez ajoute : « Cela reste des personnages mais qui veulent aider les vraies gens. » Léo Pot est mis à l'essai pendant près d'un an. S'il est maintenu par le couple princier, son accession au trône devra être validée par un vote de tous les adhérents de la principauté à l'issue de cette période d'essai.