Incendies : la CFDT du Sdis dénonce des protections jugées insuffisantes pour les pompiers
Incendies : protections insuffisantes pour les pompiers, alerte CFDT

Alors qu'une saison record sur le front des incendies a déjà ravagé plus de 115 000 hectares de terrain depuis le début de l'année, la CFDT du Sdis tire la sonnette d'alarme quant aux protections qui permettent aux pompiers d'intervenir sur les feux de forêt. Le représentant national du syndicat pour la profession, Sébastien Bouvier, dénonce une criante mise en danger de ceux qui nous protègent.

Des cagoules peu efficaces face aux fumées toxiques

Plus de 2 700 pompiers interviennent sur les incendies qui ravagent des dizaines de milliers d'hectares dans l'Hexagone. En première ligne, les soldats du feu s'exposent à des risques d'intoxications élevés, d'autant plus qu'ils sont insuffisamment protégés, explique Sébastien Bouvier. Il déplore que 93 pompiers soient blessés, dont une grande partie victime d'intoxications.

Dimanche, Sébastien Bouvier a déclaré sur RMC que les pompiers étaient « moins protégés que les journalistes ». Il constate : « Quand je vois des collègues avec de simples cagoules être interviewés par des journalistes qui portent des masques FFP2 et FFP3… » Pour se protéger, les sapeurs-pompiers disposent de cagoules filtrantes qu'ils portent sous leur casque. Le niveau de protection de ces masques interroge : « Les cagoules qu'ils portent n'ont même pas de normes. » Celui qui était chargé de mission pour la Caisse nationale des retraites (CNRACL) pour travailler sur cette problématique rappelle que le rapport obtenu pointait une protection insuffisante : « Elle assure une protection thermique satisfaisante. Par contre, il semble qu'elle soit peu efficace contre les poussières et les particules fines », écrivait la caisse nationale.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un coût freinant l'équipement de cagoules plus performantes

Le pompier professionnel souhaiterait que l'ensemble des Sdis soient équipés de cagoules plus efficaces, disposant d'un niveau de filtration à 80 %. Mais le coût est un obstacle : « L'ancienne cagoule coûte 10 euros, la nouvelle coûte 60 euros. » Une différence de prix qui freine le renouvellement du matériel.

Des détecteurs de monoxyde de carbone inutilisés en forêt

Les pompiers disposent d'Appareils Respiratoires Isolants (ARI), destinés aux environnements trop chargés en gaz toxiques. Cet équipement leur permet de respirer indépendamment de l'air ambiant grâce à des bouteilles, offrant une protection de 30 minutes face au monoxyde de carbone. « Le monoxyde de carbone est présent dans les fumées, et le seul moyen que nous avons pour savoir s'il est présent ou pas, c'est d'avoir un détecteur », explique le pompier professionnel. Cependant, face à des feux si importants, les détecteurs sonnent en permanence. Plutôt que d'entendre une alarme et faire demi-tour, les pompiers ne portent plus de détecteurs et continuent de travailler sur le front.

Sébastien Bouvier va plus loin : « On nous interdit de les porter en feu de forêt. Vous avez mal à la tête, c'est pas grave, on vous donne les trois aspirines. » En feu d'appartement, dès que le détecteur à monoxyde de carbone sonne, on dit de mettre les bouteilles. Mais lors des incendies en forêt, la chaleur est telle que les soldats du feu ne peuvent pas être aussi lourdement équipés que pour les feux de maison, l'ARI pesant entre 14 et 16 kg. Aussi, les bouteilles sont laissées à la caserne.

Un risque d'intoxication généralisée pour les effectifs

Le syndicaliste s'alarme : « Si tout le monde est intoxiqué, en fait, on ne pourra pas aller combattre le feu, il n'y aura plus de pompiers… » Contactée, la Sécurité civile n'a, pour l'heure, pas répondu aux sollicitations de Midi Libre sur les équipements de protection des soldats du feu. Ce mardi matin sur France Info, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefevre, déclarait que les critiques sur le manque de moyens étaient « indécentes au moment où des femmes et des hommes luttent contre les feux ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale