Le jeune matador Marco Pérez s'apprête à entrer dans l'histoire des arènes de Nîmes. Ce 20 septembre, il affrontera seul six toros lors de la Feria des Vendanges, un exercice rare et périlleux qui a déjà marqué les esprits à plusieurs reprises. Pour ce "seul contre six", le torero de 24 ans mesure l'ampleur de la tâche.
Un défi rare pour un jeune matador
Interrogé pour le site de Casas & Co, Marco Pérez a confié : "C'est un moment que j'affronte avec beaucoup de responsabilités parce que je ne veux pas décevoir l'aficion française qui me soutient et témoigne son affection corrida après corrida. Dès maintenant, je prépare différents répertoires et une évolution de mon toreo pour que cela reste un moment gravé."
Ce "seul contre six" est un événement rare, surtout pour un si jeune matador, dans une arène de 1re catégorie. "C'est un privilège de pouvoir assumer cet engagement", a-t-il ajouté. Les figuras qui ont relevé ce défi savent qu'il exige une endurance immense, une concentration absolue et une prise de risque maximale sur près de trois heures. Mais la performance ne suffit pas : le succès repose aussi sur la capacité à maintenir une intensité artistique constante et à varier les styles de faenas pour ne pas lasser le public.
Des précédents glorieux dans l'histoire de Nîmes
L'histoire des arènes de Nîmes regorge d'exemples de solos mémorables. Le 16 septembre 2016, José Tomás a signé "la corrida du siècle" avec un bilan exceptionnel : onze oreilles, une queue et un toro gracié. En 1984, pour le premier solo de l'histoire des arènes, Paco Ojeda avait ébloui le public, récoltant cinq oreilles et une queue. Midi Libre avait alors écrit : "Paco Ojeda triompha avec supériorité, éclat et inspiration. Dominée par un cinquième combat enthousiasmant, la prestation rendit ce 22 septembre particulièrement lumineux."
Cinq ans plus tard, le 14 mai 1989, Nimeño II a vécu un solo inattendu. Initialement prévu pour un mano a mano avec Victor Mendes, ce dernier s'est blessé dès son premier toro, laissant Christian Montcouquiol seul face aux six toros. Malgré les rafales de mistral, le Nîmois a coupé les deux oreilles de ses 2e et 5e adversaires, offrant un combat entier au public.
Des réussites et des échecs
Le 19 septembre 2008, El Juli, après un premier solo mitigé en 1999, s'est offert sept oreilles et une queue, dans un "récital rappelant ses meilleures séquences capoteras de novillero, assorties de la maîtrise muletera des grands maestros". Le lendemain, Sébastien Castella, sous pression après la performance de son rival, a coupé cinq oreilles et une queue au terme du septième combat. Joselito a aussi marqué les esprits en juin 1995, tout comme Javier Castaño face à six Miura en 2012.
Mais tous les solos ne sont pas couronnés de succès. Le 9 juin 2025, Borja Jiménez a quitté les arènes sans trophée, victime d'un lot de Victorino Martín sans transmission. En 1996, José María Manzanares père a connu l'un des rares échecs de sa carrière, quatre mois après avoir triomphé dans ces mêmes arènes. Ces exemples rappellent que l'exercice peut être décevant, même pour les meilleurs.
Ce 20 septembre, Marco Pérez devra puiser dans ses ressources pour éviter ces écueils et inscrire son nom aux côtés des plus grands. L'aficion nîmoise, fidèle et exigeante, attend de lui un moment gravé dans les mémoires.



