Feria de Nîmes : Castella, Manzanares et Rufo subliment les arènes
Feria de Nîmes : triomphes de Castella, Manzanares et Rufo

La troisième levée de la Feria des Vendanges à Nîmes a offert, ce samedi, une corrida de haut vol avec la ganaderia de Garcia Jimenez. Sébastien Castella et José Maria Manzanares ont chacun coupé deux oreilles, tandis que Tomas Rufo a livré une faena exceptionnelle, mais a échoué à l'épée. Devant 8 000 spectateurs, la présidence de Macarena de Pablo Romero, habituée du palco de la Maestranza de Séville, a marqué les esprits par son exigence.

Une corrida de Garcia Jimenez qui fait taire les critiques

L'élevage de Garcia Jimenez, souvent décrié par une frange de l'aficion, a confirmé sa belle dynamique de la temporada 2026. Triomphateur de la dernière Feria de Séville, le fer de Matilla multiplie les performances cette saison, et la corrida lidiée à Nîmes s'est inscrite dans cette lancée. Si certains pupilles affichaient un gabarit peu imposant et des tercios de piques discrets, trois toros (1, 3 et 5) ont montré des qualités exceptionnelles à la muleta, et deux autres ont permis de construire des faenas dignes d'un trophée.

Après la « corrida Carmen » de la veille, le public a assisté à une « corrida Macarena », du nom de la présidente du jour. Macarena de Pablo Romero, qui officie habituellement à Séville, a fait preuve d'une exigence inhabituelle pour Nîmes, refusant la seconde oreille à Castella face au 4e toro, estimant que la faena et l'animal ne justifiaient pas un double trophée dans une arène de première catégorie.

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Castella : une vingtaine de passes d'anthologie

Dès le toro d'ouverture, Sébastien Castella a confirmé sa plénitude artistique. Le Biterrois a construit une faena d'une fluidité remarquable, avec une vingtaine de passes sur les deux rives, d'une précision chirurgicale, réalisées au ralenti, en passant le toro par le bas, très près de ses fémorales. Malgré une grande dimension artistique, un échec à l'épée l'a privé d'une seconde oreille. Face à son second adversaire, il a débuté tambour battant avec cinq passes dans le dos au centre du ruedo. Le toro, noble mais manquant de force et de race, a vu la faena rester en intensité. Une belle épée lui a offert une oreille, la présidence refusant le double trophée.

José Maria Manzanares, après un premier toro compliqué qui l'a averti à plusieurs reprises, a retrouvé toute sa classe lors de son second combat. Face à un toro doté d'une classe exquise sur la corne droite, l'Apollon espagnol a signé cinq séries de derechazos et une séquence de naturelles d'une profondeur et d'un temple sublimes. Chaque série s'est conclue par des passes de poitrines ou des changements de main parfaitement sentis. Après une estocade a recibir, deux oreilles ont logiquement récompensé sa prestation.

Rufo : une faena de concerto, mais des aciers défaillants

Tomas Rufo a, une nouvelle fois, réalisé une faena d'une énorme intensité. Face au 3e pupille de Garcia Jimenez, qui montrait quelques signes de faiblesse après un tercio de piques très appuyé, il a affiché une charge généreuse et une délicieuse classe. Sa faena, d'une profondeur extraordinaire, a multiplié les longues passes sur les deux cornes, faisant renifler le sable au brave. Malgré beaucoup de fond et de noblesse, une succession de pinchazos et d'échecs au descabello l'a privé de deux oreilles d'un poids énorme. Le public a réclamé la vuelta, mais le palco n'a pas accédé à la pétition. Face au dernier toro, mobile mais protestant dans la muleta, Rufo a encore étalé son pouvoir, obligeant le brave à suivre sa muleta dans de longs trajets par le bas, concluant par des manoletinas ajustées, mais un nouvel échec aux aciers l'a privé de récompense.

La présidence de Macarena de Pablo Romero a été jugée juste sur le fond, mais discutable sur la forme. Ses sourires pendant les quatre broncas reçues et son refus de se lever quand Castella l'a saluée ont été perçus comme dérangeants pour l'éthique taurine. Son refus de la musique pour la seconde faena de Castella, demandée par tout le public, a également été critiqué, les spectateurs préférant entendre un morceau de Chicuelo plutôt que les sirènes des manifestants anti-corridas.

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Au final, Nîmes a vécu de grands moments de tauromachie avec trois faenas d'une dimension artistique qui restera dans les annales. La fiche de la corrida : 8 000 spectateurs, toros de Garcia Jimenez. Castella : oreille après avis et oreille après avis. Manzanares : silence et deux oreilles. Rufo : salut après avis et silence après avis.