Vendredi 31 juillet 2026, le traditionnel feu d'artifice de la Fête du jasmin a illuminé le ciel de Grasse, lançant les festivités devant un public nombreux. Mais à peine les dernières fusées retombées, les réseaux sociaux s'embrasent à leur tour. Dans un contexte marqué par les violents incendies qui frappent le Sud de la France, notamment dans le Var voisin, le maintien de ce spectacle pyrotechnique interroge.
Le département du Var compte ainsi 6 000 hectares brûlés et 1 500 pompiers encore mobilisés. Les images des sinistres circulent largement, renforçant le contraste avec l'éclat des artifices. Sur la page Facebook de la Ville, les critiques se multiplient : « En période d'incendies, est-ce vraiment pertinent ? », écrit un internaute. « Utilisez donc des drones », suggère un autre. D'autres rappellent que les Alpes-Maritimes sont placées en alerte renforcée sécheresse, et que les départs de feu se multiplient ailleurs en France.
Une polémique, mais aussi des soutiens
Toutes les réactions ne sont pourtant pas hostiles. « Bravo pour avoir animé notre jolie ville », écrit une internaute, soulignant que ces animations participent « à l'attractivité de Grasse et au dynamisme de ses commerces ». La Fête du jasmin, rendez-vous emblématique de la cité des parfums, attire chaque année de nombreux visiteurs, et le feu d'artifice en constitue traditionnellement le coup d'envoi.
Face à ces réactions contrastées, le maire de Grasse, Jérôme Viaud, a tenu à répondre. Il assure que « toutes les conditions de sécurité ont été pleinement respectées » avant d'autoriser le tir. L'édile affirme que la municipalité n'a pris « aucun risque » et que le spectacle a été autorisé au terme de l'ensemble des procédures réglementaires.
Une procédure strictement encadrée
Le maire précise la chronologie : le dossier a reçu un avis favorable des services de l'État en sous-préfecture. Le tir, organisé en milieu urbain, à l'écart des zones boisées, a fait l'objet d'une ultime vérification des conditions météorologiques par l'officier de garde du centre de secours principal de Grasse, vendredi à 18 h 30.
Une fois cette validation obtenue, un dispositif de sécurité conséquent a été déployé. Douze sapeurs-pompiers, un engin de lutte contre les incendies et l'officier de garde sont restés mobilisés durant toute la durée du spectacle. Ce protocole, prévu pour ce type de manifestation, devait permettre une réactivité immédiate en cas de problème.
À l'issue du feu d'artifice, une reconnaissance complète du site a été effectuée. Elle n'a révélé « aucun départ de feu ni aucune anomalie », selon la municipalité. Un bilan qui, pour le maire, valide la décision prise.
« Le feu aurait tout simplement été annulé »
Jérôme Viaud insiste sur le fait que la sécurité était la condition première : « Si les conditions n'avaient pas permis de garantir un tir en toute sécurité, le feu d'artifice aurait tout simplement été annulé. » Une façon de répondre à ceux qui doutent de la pertinence du spectacle en période de risque.
La fête continue néanmoins : les animations de la Fête du jasmin se poursuivent à Grasse, entre traditions et modernité. Le débat, lui, dépasse le cadre local. Alors que les épisodes de sécheresse et les incendies se multiplient, la question de l'opportunité des feux d'artifice estivaux reste posée dans de nombreuses communes du Sud de la France.



